Les Montois tiennent à sainte Waudru comme à la prunelle de leurs yeux. Ils lui ont même consacré toute l'année 2012 afin de fêter dignement le quatorzième centenaire de sa naissance. Il faut dire qu'à Mons, on vit, on prie, on vénère, on respire… sainte Waudru, car son culte qui contribua au développement de la ville est toujours bien vivant dans le cœur de tous les Montois.
Ce que nous savons de sainte Waudru est connu par sa "vita", sa vie racontée par des ecclésiastiques qui n'ont pas seulement voulu écrire sa biographie, mais qui ont voulu promouvoir la vénération de la sainte en "enjolivant" quelque peu son portrait. Donc, d'après la "vita" de sainte Waudru, nous savons qu'elle est née au VIIe siècle, un siècle qualifié d'obscur par les historiens. Waudru voit le jour au sein de la haute aristocratie mérovingienne proche du pouvoir.
Mariée très jeune, sans doute à douze ans, elle quitte la vie de château vers l'âge de 35 ans, se convertit et se consacre, dès lors, totalement à Dieu. Son mari, Madelgaire, devient moine, prend le nom de Vincent et va fonder l'abbaye de Soignies. Waudru, elle, s'installe dans une petite habitation, à côté d'un oratoire, sur la butte montoise, emplacement de l'actuelle collégiale. Là, elle mène sa vie de moniale, très attentive aux autres. Dans ces temps obscurs, rudes et violents, Waudru se soucie beaucoup des plus faibles, des malades, des étrangers, et même des esclaves.
Un petit monastère se forme et Waudru en devient l'abbesse. À côté s'érige un deuxième monastère réservé aux moines. Waudru meurt vers 686. Elle a entre 60 et 70 ans et est proclamée sainte à ce moment-là.
Waudru et Mons, une vieille histoire
Au Moyen Âge, les saints occupent une place centrale dans la vie de tous les jours. Protecteurs, guérisseurs, ils attirent les populations autour de leurs reliques et suscitent des activités économiques. C'est le cas de sainte Waudru dont le culte est intimement lié au développement de Castrilocus, l'ancien nom de Mons. Entre le IXe et le XIe siècle, les moniales des origines font place à des chanoinesses; celles-ci entretiennent le culte de la sainte au vu de l'affluence des pèlerins venant vénérer ses reliques. Justement, parlons-en de ces reliques. Une somptueuse châsse néo-gothique, trônant au-dessus du maître-autel de l'actuelle collégiale, les renferme. Le crâne de la sainte, quant à lui, est protégé dans un reliquaire particulier. Entourés de tissus précieux, les ossements sont régulièrement processionnés depuis l'An Mil, et il y eut bien des cortèges avant la célèbre "procession de la Trinité" organisée, pour la première fois, en 1349. À cette occasion, les reliques de sainte Waudru, censées protéger la ville, sortent de sa collégiale et s'offrent à la vue des Montois. Placée sur le Car d'Or, la châsse effectue une ronde autour de l'église.
Parallèlement à la richesse des châsses, les chanoinesses ont toujours voulu accorder une importance particulière à l'église qui abritait les reliques. Pas moins de trois édifices, plus majestueux les uns que les autres, précédèrent la collégiale que l'on connaît, dont le chantier, ouvert en 1449, se poursuivit pendant près de deux cents ans. Et que dire devant sa magnificence? Que dire de son jubé en albâtre du sculpteur montois Jacques Du Broeucq? Que dire de ses vitraux historiques datant du XVIe siècle et illuminant chœur et transept? Que dire enfin de son intérieur élancé aux piliers interminables qui font croire à l'infini? Rien. Le visiteur reste sans voix. Le visiteur s'emplit simplement les yeux de tant de beauté. Il ne faut même pas être montois pour apprécier.
Le conseil que je vous donnerais est le suivant: si vous passez un jour par Mons, n'en repartez pas sans avoir visité Sainte-Waudru, les Montois ne vous le pardonneraient pas!
Sylviane BIGARÉ
Pour en savoir plus: Article de Fr. De Vriendt: "Sainte Waudru. De l'aristocrate mérovingienne à la figure de légende" publié sur www.waudru.be

