USA : le diocèse d’Arlington demande une « profession de foi » à ses catéchistes


Partager
USA : le diocèse d’Arlington demande une « profession de foi » à ses catéchistes
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min

Des catéchistes à qui on demande de faire leur profession de foi… voilà qui n’est pas banal. C’est pourtant ce que l’évêque d’Arlington a demandé dans une lettre adressée à 5000 catéchistes et enseignants. Ce qui n’a pas manqué de provoquer quelques réactions, pas toujours positives !

C’est le quotidien américain Washington Post qui a publié l’information, en reprenant dans une de ses éditions, la lettre adressée par Mgr Paul Loverde, évêque d’Arlington à ses 5 000 catéchistes de l’école du dimanche ou enseignants dans les écoles catholiques; lettre à laquelle était joint un formulaire à signer. Pour le quotidien, le diocèse d’Arlington - situé sur les rives du Potomac dans l’Etat de Virginie, tout proche de la capitale américaine Washington DC - rejoint ainsi « le petit nombre de ceux qui exigent un serment de fidélité de la part de leurs enseignants volontaires pour les écoles du dimanche, aumôniers d’hôpitaux et employés paroissiaux ». Et le journal d’écrire : « Cette pratique divise profondément les catholiques américains ».

L’article présente ainsi le témoignage de Kathleen Riley, catéchiste dans la paroisse Sainte-Anne : elle a démissionné après avoir reçu la lettre de l’évêque, « choquée par certaines de ses formules ». « Au moins quatre autres professeurs de l’école du dimanche ont également démissionné », précise le Washington Post.

Professer publiquement sa foi

En préambule de sa lettre, l’évêque d’Arlington relie sa démarche à l’Année de la foi décrétée par le pape. « Vous tous qui travaillez en collaboration avec les pasteurs de l’Église, vous savez le besoin de transmettre la saine doctrine dans les programmes catéchétiques pour que nos enfants et nos jeunes soient vraiment formés comme d’authentiques disciples du Christ », indique Mgr Loverde.

Rappelant son rôle de « catéchiste en chef de son diocèse », il annonce sa décision de demander chaque année à « tous les catéchistes, ainsi que leurs collaborateurs s’ils en ont, de professer publiquement leur foi selon le formulaire joint ». La profession de foi devra avoir lieu si possible pendant la messe lors du « dimanche du catéchisme », à la rentrée, ou sinon à tout autre moment de l’année scolaire, et si possible en présence « du curé ou d’un autre prêtre ». « Les formulaires signés seront par ailleurs conservés à la paroisse », précise l’évêque, qui précise que cette décision prendra effet à compter du 16 septembre 2012 et jusqu’à « révocation par l’évêque». Remerciant les catéchistes pour leur « dévouement, leur talent et leur énergie », l'évêque conclut en soulignant combien cette « profession de foi publique sera un signe supplémentaire de leur engagement à enseigner en communion avec le Christ et son Église ».

Une charge « exercée au nom de l’Église »

Quant à la formulation retenue, il s’agit de celle que propose de réciter la Congrégation pour la doctrine de la foi, depuis 1989, « au moment d’assumer une charge que l’on exercera au nom de l’Église ». Débutant par le Credo, elle se poursuit par une déclaration de foi « dans la Parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition et proposées par l’Église pour être crues comme divinement révélées, et dans les vérités que l’Église propose de façon définitive concernant la doctrine sur la foi et les mœurs ». Elle se conclut par la formule suivante, qui aurait suscité les critiques des cinq catéchistes démissionnaires de la paroisse Sainte-Anne : « De plus, avec une soumission religieuse de la volonté et de l’intelligence, j’adhère aux doctrines qui sont énoncées, soit par le Pontife romain, soit par le Collège des évêques, lorsqu’ils exercent le Magistère authentique, même s’ils n’ont pas l’intention de les proclamer par un acte définitif ». Certains, rapporte le Washington Post, estiment que cette déclaration « viole la liberté religieuse ».

De son côté, le responsable diocésain de la catéchèse et de la liturgie, le P. Paul Deladurantaye, interrogé par le quotidien, fait valoir que « l’Église est avant tout une communion, pas un bâtiment ». « Cette déclaration nous rappelle juste que l’Église est un guide fiable, plus fiable sur ces questions que ce nous pouvons lire ailleurs. Il y a quelque chose de plus transcendant que ce qui vient de mon propre jugement », précise-t-il.

(La Croix/jjd)

Catégorie : International

Dans la même catégorie