Le gouvernement pakistanais a approuvé le 11 juillet 2012 une réforme qui augmente le nombre des sièges réservés à l’Assemblée nationale aux minorités religieuses. Les minorités ont bien accueilli cette mesure, mais elles rappellent que dans le monde politique comme dans la société, les non-musulmans ont chaque jour plus de mal à faire respecter leur place.
Le 11 juillet, le gouvernement pakistanais a approuvé une réforme augmentant le nombre des sièges réservés à l’Assemblée nationale aux minorités religieuses : ils passeront de 10 à 15. De nouveaux sièges leur reviendront également dans les assemblées provinciales. D’autre part, depuis l’an dernier le nombre des sénateurs est passé, par décret présidentiel, de 100 à 104, les 4 nouveaux sièges (un par province) étant réservés aux minorités religieuses : mais ces sièges ne sont toujours pas pourvus…
Le ministre pour l’Harmonie nationale, le catholique Akram Gill, souligne que cette réforme est le « fruit d’un effort considérable » et que les minorités religieuses seront « désormais en mesure d’être mieux représentées politiquement » au moment où elles en étaient arrivées « à désespérer et à penser que le gouvernement se désintéressait de leur sort ».
Certains leaders indiquent que ce ne sont pas cinq députés et quatre sénateurs de plus qui feront la différence. Ce d’autant plus qu’au sénat les quatre sièges destinés aux représentants des minorités religieuses sont toujours vacants, les différents partis présents à la Chambre haute n’ayant pas réussi à se mettre d’accord sur le choix des nouveaux sénateurs. Selon Peter Jacob, secrétaire exécutif de la Commission Justice et Paix de l’épiscopat catholique du Pakistan, le principe même des sièges réservés n’est pas souhaitable en soi car il "encourage un système d’apartheid religieux et nie les principes d’égalité démocratique".
Le problème est le fossé de plus en plus béant entre la bienveillance du pouvoir envers les minorités (conformément aux volontés du fondateur du Pakistan et à la Constitution) et la montée de l’islamisme dans la population. Le désespoir guette les chrétiens qui se laissent tenter par l'émigration, d'autant que les auteurs de violence antichrétienne échappent souvent aux poursuites judicaires.
Un prêtre catholique rappelle que la bande blanche située sur le quart gauche du drapeau pakistanais symbolise les minorités religieuses, tandis que la couleur verte, l’étoile et le croissant sont des symboles de l’islam. "Si le gouvernement ne veut pas s’occuper des problèmes que nous rencontrons, qu’il supprime donc cette bande blanche !", affirme-t-il sous le couvert de l’anonymat.
ChrétientéInfo/EdA


