La crise syrienne inquiète les pays voisins


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La crise syrienne inquiète les pays voisins
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Fuyant les combats, de nombreux civiles et militaires ont trouvé refuge dans les pays voisins où le chaos syrien inquiète de plus en plus. Le Liban et la Jordanie essaient tant bien que mal de gérer cet important afflux de réfugiés; la Turquie, principal soutien de l'opposition syrienne, se prépare à l'après-Bachar; Israël est en état d'alerte maximal.

Irak, Jordanie et Liban

Depuis le début des violences qui font rage entre les forces du président Bachar al Assad et les forces de l'opposition, de nombreux civils, mais aussi de plus en plus de militaires, ont pris le chemin de l'exode et trouvé refuge dans l'un des quatre pays voisins de la Syrie. Ainsi, depuis mi-mars 2011, 43.387 réfugiés ont été enregistrés en Turquie, 7.940 en Irak, 36.323 en Jordanie et 31.004 au Liban. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) précise toutefois que tous les Syriens qui ont fui le régime ne se sont pas signalés.

Ces chiffres, de toute façon, sont en constante évolution. D'après certaines sources, 30.000 nouveaux réfugiés seraient arrivés au Liban la semaine dernière. Le problème, c'est que celui-ci n'a pas les moyens financiers et logistiques pour assurer leur arrivée dans de bonnes conditions. "Il est de notre devoir moral de construire des camps comme on peut en voir en Turquie et en Jordanie pour assurer une assistante minimale", a notamment souligné le leader druze Walid Joumblatt.

Turquie

Si Ankara a longtemps entretenu des relations de bon voisinage avec le régime de Bachar al Assad, il semble aujourd'hui que cette période soit totalement révolue. Ses appels répétés au dirigeant syrien pour qu'il entreprenne une ouverture démocratique ayant échoué, elle a effectivement pris fait et cause pour les rebelles. Les Turcs ont non seulement accueilli dès les premiers jours de la crise des réfugiés civils, mais ils ont également ouvert leurs portes à des centaines de déserteurs de l'armée syrienne et offert un refuge aux opposants politiques du régime. Par ailleurs, ils ont laissé l'Armée syrienne libre (ASL) s'installer sur son territoire et facilitent l'acheminement des armes fournies aux rebelles par le Qatar et l'Arabie saoudite.

Une étape vient encore d'être franchie ces derniers jours, puisque le 25 juillet, Ankara a annoncé la fermeture partielle de ces points de passage côté turc. "Les sorties de citoyens turcs par ces postes-frontières sont interrompues, suspendues, la sécurité n'étant plus assurée en face", a déclaré le ministre des Douanes et du Commerce, Hayata Yazici. Les déplacements de Syriens, à l'exception "des entrées et sorties de véhicules syriens de commerce international", restent autorisés, a-t-il précisé. Cette décision peut être interprétée comme une volonté de perturber les principales routes commerciales de ravitaillement vers la Syrie officielle.

Israël

L’Etat hébreu, qui craint un transfert d'armes chimiques, de missiles et de systèmes de défense anti-aérienne au Hezbollah libanais, pourrait intervenir. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est ainsi dit plus inquiet par ce qui pourrait arriver à ces stocks d'armes qu'au sort du régime de Bachar al-Assad lors d'une interview à la chaîne de télévision américaine Fox. "Peut-on imaginer que le Hezbollah dispose d'armes chimiques? C'est comme si Al-Qaïda avait des armes chimiques", a-t-il déclaré. "C'est une chose inacceptable pour nous, pour les États-Unis, et nous devrons agir pour l'empêcher s'il en est besoin", a-t-il prévenu.

Selon les militaires israéliens, la Syrie, qui est officiellement en état de guerre avec l'État hébreu, disposerait du plus "important arsenal chimique du monde". Le régime syrien ne dément d'ailleurs pas cette information et laisse entendre qu'il pourrait embraser tout le Proche-Orient en utilisant ces armes, vraisemblablement contre Israël. Le risque serait alors d'entraîner l'État hébreu dans un conflit dont il se tient prudemment à l'écart.

Pascal André

Photo : Un camp de réfugiés syriens en Turquie


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