Comme nous l'avions évoqué dans l'édition de vendredi, la rencontre de Milan a rassemblé des milliers de familles venues du monde entier. Un peu de baume pour elles, qui doivent affronter de plein fouet la crise des valeurs. Réunies autour de leur pasteur, elles ont pu réfléchir au patrimoine humain, crucial et central qu'elles constituent. Pour le pape également, attristé par le sombre feuilleton qui se joue au Vatican, la jeunesse et la créativité enthousiaste des participants lui ont donné un signe encourageant et joyeux. Pour cette 7 ème édition à Milan, ils étaient près d'un million durant 3 jours, et malgré ce chiffre impressionnant, les médias généralistes se sont montrés étonnamment timides à relater l'événement. Dommage que les mauvaises nouvelles suscitent plus d'engouement pour la Péninsule…
Trois ans après la rencontre de Mexico, le pape a donc donné rendez-vous aux familles à Milan. Des familles, de 153 nationalités différentes, jeunes, enfants, parents, tous se sont pressés dans les rues de la capitale économique du nord de l'Italie, au moment où celle-ci est frappée par une série de secousses sismiques, ce qui n'a pas entamé leur enthousiasme pour accueillir le pape qui leur a demandé d'emblée de collaborer au bien commun.
L'Etat doit soutenir les familles
En rencontrant les autorités civiles, le pape a réaffirmé sa vision de la famille : une famille fondée sur le mariage, ouverte sur le monde, ouverte à la vie. Il a invité la législation à se mettre au service de la famille, dans ses multiples aspects, "à commencer par le droit à la vie, dont on ne peut jamais accepter la suppression délibérée", a-t-il souligné. Dans cette optique le pape a assuré qu’on ne "rendait pas justice à la famille si l’Etat ne soutenait pas la liberté d’éduction pour le bien commun de la société entière". C'est ainsi qu'il a appelé les responsables politiques à une collaboration constructive avec l'Eglise, soulignant l'importance de la gratuité nécessaire en tant de crise, même si elle doit aller au devant de choix technico-politiques courageux.
850 000 personnes assistent à la messe internationale de Bresso
C'est à Bresso, l'aéroport civil de Milan, que les 850 000 participants venus de 153 pays, vécurent le temps fort de ces 3 jours conclus par la célébration eucharistique internationale. Pour s'y rendre, certains n'avaient pas hésité à se mettre en route dès 4heures du matin, d'autres à pied pendant plusieurs heures de marche! Un foule dense tapissait ainsi les quelque 800 000 m2 de l'aérodrome, parmi laquelle le président du Conseil italien Mario Monti, le ministre Andrea Ricardi, et plusieurs autres responsables civils ou religieux, car c'est toute l'Eglise qui était convoquée par les diocèses du monde.
Durant l'homélie de la messe qu'il présidait, clôturant la 7ème rencontre des familles dans la capitale lombarde, le pape les a invitées à toujours privilégier la logique de l'être par rapport à l'avoir, "car la première construit, la seconde finit par détruire". Poursuivant la mise en garde, le pape a dénoncé la "logique unilatérale du bénéfice personnel et du profit maximum", contraire au "développement harmonieux, au bien de la famille et à l’édification d’une société plus juste". Dénonçant la prédominance d'une mentalité utilitariste dans la travail par exemple, le pape déplore son étendue aux relations interpersonnelles, qui mine la solidité du tissu social. Dans cette course effrénée aux ratios de production, comment ne pas perdre le sens de la pause dominicale? une oasis pour goûter la joie de la rencontre avec le Seigneur, a rappelé le pape. Dans le même ordre, s'adressant aux époux, il les a invités à "harmoniser les temps de travail et les exigences de la famille", insistant notamment sur l’équilibre à trouver entre "la profession et la maternité".
L'Eglise aime les divorcés remariés
Benoît XVI n'a pas oublié les familles marquées par les expériences douloureuses de l'échec et de la séparation, "sachez que le pape et l'Eglise vous soutiennent dans votre peine", leur a-t-il lancé, en écho à ce qu'il avait dit la veille sur le même aéroport sur la souffrance des divorcés remariés désireux de participer aux sacrements.
La veille de la messe de clôture, Benoît XVI s'était prêté en effet à un question-réponse avec des couples, dont un couple brésilien qui l'avait interrogé sur la souffrance des divorcés remariés. Benoît XVI a répondu en réaffirmant l’importance de la prévention et de l’accompagnement de ces couples. "L’Eglise les aime et a le devoir de les accompagner et de leur montrer qu’ils ne sont pas en dehors". "Même s’ils ne peuvent pas recevoir la communion, a-t-il affirmé, ils font pleinement partie de l’Eglise". Aux yeux de Benoît XVI, il est important que ces couples vivent la "participation spirituelle à l’eucharistie, qu’ils trouvent la possibilité de vivre une vie de foi. Leur souffrance est un don pour l’Eglise, c’est une souffrance dans la communauté de l’Eglise pour les grandes valeurs de notre foi".
Prochaine rencontre à Philadelphie.
C'est à Philadelphie aux États-Unis, Etat de Pennsylvanie qu'aura lieu la prochaine rencontre mondiale. Un état dont le diocèse se mobilise pour la liberté religieuse et la prévention des abus sexuels. L'association "Christian Associates of Southwest Pennsylvania", était récemment sous les feux de l'actualité, en soutenant la campagne menée par l'Eglise contre le décret sur les services de santé du gouvernement.
Bernadette Lennerts (sources: apic/Imedia/zenit)

