Après la motion de défiance à l'égard d'Ettore Tedeschi pour sa gestion de la Banque du Vatican, les perquisitions et l'interrogatoire de l'intéressé, on apprend par la presse italienne de ce weekend que ce dernier aurait été limogé "parce qu’il ne s’intéressait pas à la marche des affaires de l’Institut et ne prenait pas les choses en main ".
Pour rappel, lors d’une perquisition au domicile d’Ettore Gotti Tedeschi (Italie), dans le cadre d’une enquête sur des affaires de corruption financière dans la péninsule, la justice italienne a mis la main sur des documents conservés par l’ancien "banquier du Vatican" depuis son arrivée à la tête de l’IOR en septembre 2009, jusqu’à son départ le 24 mai dernier, suite au vote d’une motion de défiance à son égard.
Volonté de transparence
En effet, les membres du Conseil de surintendance de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR) ont adopté une motion de défiance à l’égard de son président Ettore Gotti Tedeschi "pour des raisons objectives" concernant sa gestion de la banque. Sa mise à l’écart n'étant pas le signe "d’une opposition présumée à la ligne de transparence, qui est au contraire une préoccupation des autorités du Saint-Siège et de l’Institut". C’est ce qu’a indiqué le Bureau de presse du Saint-Siège le 8 juin 2012, alors que la presse italienne soutient que le zèle du banquier à vouloir rendre la "banque du Vatican" plus transparente serait à l’origine de son départ.
Revenant sur les récents interrogatoires et perquisitions menés par la justice italienne au domicile du banquier italien, qui a révélé l’existence de dossiers sur l’IOR faisant état de luttes internes au sein du Vatican, le Saint-Siège a fait part de sa "surprise et de sa préoccupation". Le Vatican assure sa confiance dans l'autorité judiciaire italienne pour que les prérogatives souveraines du Saint-Siège reconnues par la règlementation internationale soient prises en compte et respectées de manière adéquate. Il confirme en outre sa pleine confiance aux personnes qui se consacrent avec engagement et professionnalisme à l'Institut pour les Œuvres de Religions. Le Vatican examine avec un soin extrême l'éventuel préjudice qui naîtrait des circonstances actuelles pour ses droits et ses organes.
Des dissensions au sein même de l'IOR
Dans ce contexte où l'institut pour les Œuvres de religion fait l'objet de toutes les attentions des médias, le directeur général de la banque du Vatican, Paolo Cipriani, a confié à la presse sa déception face au comportement de son compatriote. Dans une interview publiée par le quotidien italien Corriere della Sera le 10 juin 2012, Paolo Cipriani raconte comment, avec d’autres employés de l’IOR, il a demandé en vain à Ettore Gotti Tedeschi de s’intéresser à la banque qu’il présidait. En effet, rapporte le directeur général, "il ne prenait pas les choses en main, c’était comme s’il était absent, même lorsqu’il était là". Et d’ajouter : "parfois, il venait à la présidence, qui est détachée du reste de l’Institut, et ne disait rien, puis il s’en allait".
Par ailleurs, Paolo Cipriani reproche à son président d’être resté sourd à ses appels à enquêter sur la question des comptes ouverts à l'IOR appartenant à des hommes politiques italiens. Les déclarations du directeur général de la ‘banque du Vatican’ semblent aller dans le même sens que le communiqué publié deux jours plus tôt par le Bureau de presse du Saint-Siège concernant la motion de méfiance adoptée par le Conseil de surintendance de l’IOR à l’égard d’Ettore Gotti Tedeschi "pour des raisons objectives, relatives à la gestion de l’Institut".
BL (avec apic/imedia/vatnews/zenit)

