Vatileaks : la volonté de transparence ne justifie pas tout


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Vatileaks : la volonté de transparence ne justifie pas tout
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Une semaine après l'arrestation du majordome de Benoît XVI, soupçonné d’être impliqué dans l’affaire dite des ‘Vatileaks’, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a mis en avant le 30 mai la "fermeté" du pape dans cette affaire, et cela malgré sa "tristesse dans cette épreuve". Quant à Mgr Angelo Becciu, il a mis en exergue la violence subie par tous les correspondants de Benoît XVI.

Lors d'une nouvelle rencontre avec les journalistes, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a assuré que les défenseurs du majordome pourraient demander qu’il soit assigné à résidence, c'est-à-dire à l’intérieur des murs du Vatican, puisque son domicile s'y trouve. Sans vouloir accréditer la thèse selon laquelle il y aurait "un réseau" derrière cette affaire, le père Lombardi a affirmé qu’au-delà des interrogatoires en cours, il faudrait éclaircir les "responsabilités (…) y compris en rapport avec d’autres personnes ou initiatives au-delà de la situation de Paolo Gabriele". La commission de trois cardinaux octogénaires, avec mandat pontifical, facilitera l'audition de haut prélats.

Le père Lombardi a assuré que les appels à la démission du pape apparus dans la presse italienne ces derniers jours sous la plume de journalistes ne sont pas nouveaux et ne reflètent pas le sentiment de la curie et de l'Eglise universelle. Le directeur du Bureau de presse a également démenti un certain nombre d'informations parues dans la presse, telle que l'existence d'une liste de personnes impliquées ou un déjeuner de travail en présence du secrétaire d'Etat du Saint-Siège Tarcisio Bertone, du président de l'hôpital pédiatrique du ‘Bambin Gesù’ Giuseppe Profiti et de spécialistes du monde de la finance, le 29 mai dernier.

Dans l'édition du 30 mai de L'Osservatore Romano, Mgr Angelo Becciu, substitut de la secrétairerie d’Etat, prend position sur les évènements qui ont eu lieu au Vatican ces derniers jours. Malgré ces évènements, affirme Mgr Angelo Becciu, les personnes qui travaillent au Saint-Siège poursuivent leur mission avec détermination, décidées à "continuer leur service silencieux et fidèle envers le pape". Même si "la pitié pour la personne impliquée" prévaut chez le pape, il demeure que "l'acte qu'il a subi est brutal".

Les papiers "volés dans sa maison" ne sont pas seulement "une correspondance privée", mais "des informations, des réflexions, des expressions de conscience, et même des confidences" que le pape a reçues "en raison de son ministère". A ce titre, les auteurs des écrits qui lui étaient adressés sont aussi victimes de "violence". "On n'a pas seulement volé des papiers au Pape, mais on a violé la confiance de qui s'est adressé au Vicaire du Christ. On a attenté au ministère même du ministère du Successeur de Pierre."

Même si la publication des documents a été justifiée par une volonté de "nettoyage" et de "transparence" dans l'Eglise, il est inacceptable de "voler", ou même de prendre possession de "ce qui a été volé chez les autres", car "il ne peut pas y avoir de renouveau qui piétine la loi morale". L'archevêque a déploré "les modalités de l'information", qui "déchaînent les imaginations sans aucun lien avec la réalité", appelant les journalistes à un sursaut éthique.

Quant au cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, il vient de souligner, dans une interview, à quel point le choix des collaborateurs constitue un défi pour tout dirigeant, de l’Eglise comme de l’Etat. Le cardinal ghanéen réfute la thèse selon laquelle il y aurait trop d’Italiens dans la curie et dans le collège des cardinaux. De son côté, le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, reconnaît l’existence de "problèmes" au sein de la curie romaine, tout en relativisant leur caractère exceptionnel.

apic/zenit/va/at


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