Les églises protestantes françaises vont s’unir


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Les églises protestantes françaises vont s’unir
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Ce n’est pas encore un mariage, mais bien des fiançailles. Ce 17 mai 2012, jour de l’Ascension, s’ouvre en France pour les protestants un synode historique. En effet, pour la première fois, l'Eglise évangélique luthérienne de France (EELF) et l'Eglise réformée de France (ERF) vont unir leurs synodes du 17 au 20 mai à Belfort, pour adopter les textes constitutifs qui donneront naissance en 2013 à l'Eglise protestante unie. Cette union marque un tournant pour le protestantisme.

Il est vrai que les deux Eglises protestantes "historiques" d'Outre-Quiévrain partagent déjà un certain nombre de structures communes, comme la formation de leurs pasteurs ou l’Institut protestant de théologie (IPT). Par ailleurs, elles ont fondé avec d’autres la Fédération protestante de France, font partie de la Conférence des Eglises européennes, et mènent une action commune à travers de nombreux mouvements (scoutisme, union chrétienne, fondation John Bost, cimade...). Enfin, elles utilisent une méthode des outils catéchétiques et des recueils de cantiques en commun.

Un premier pas vers un rapprochement avait déjà été fait en 2006, en Alsace, par la création de l'Union des Eglises protestantes d'Alsace-Lorraine. Des Eglises unies existent aussi en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et aux Etats-Unis.

Un synode historique

Pour les observateurs, il s’agit néanmoins d’une « première » historique, dans la mesure où depuis la Réforme au XVIe siècle, luthériens et réformés sont séparés. La raison de cette séparation porte sur des questions théologiques au centre desquelles se trouve la compréhension de la Sainte-Cène et celle de la "présence réelle". Pour les luthériens, le Christ est présent dans la Sainte-Cène même si le pain reste le pain et le vin, le vin. Pour les réformés, cette présence est symbolique. Souvent donc, les luthériens utilisent des hosties là où les réformés emploient du pain levé. Dans les deux cas, ils sont en désaccord avec la conception catholique romaine selon laquelle le pain change de nature et devient le corps du christ et le vin, son sang.

La question du ministère pastoral est une autre différence. L'EELF parle d'ordination des pasteurs et l'ERF préfère utiliser le terme de « reconnaissance du ministère », explique le Pasteur Joël Dautheville, président du conseil exécutif de l’Église évangélique luthérienne de France. Par ailleurs, les pasteurs luthériens portent parfois une étole car dans la liturgie luthérienne, le sacré est plus "visible".

Considérant ces différences comme secondaires devant les nouveaux défis auxquels les Eglises protestantes historiques vont devoir faire face, luthériens et réformés ont donc décidé de s'unir sur l'essentiel, tout en gardant leur singularité. Ces défis se rapportent à la sécularisation de la société et la croissance des églises évangéliques, particulièrement dynamiques et plus jeunes.

De toute évidence, le synode de Belfort marquera le début d'un tournant pour le protestantisme français.

JJD (avec la Vie.fr)

Catégorie : International

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