Symposium « Vers la guérison et le renouveau » . Des interventions poignantes


Partager
Symposium « Vers la guérison et le renouveau » . Des interventions poignantes
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
5 min

Les interventions au symposium international pour lutter contre la pédophilie au sein du clergé ont commencé depuis 24 heures à l’Université pontificale Grégorienne de Rome. La rencontre a été ouverte par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal William Joseph Levada. Le pape a fait parvenir un télégramme par l'intermédiaire du cardinal secrétaire d'Etat, Tarcisio Bertone. Il a été lu au début des travaux. Le témoignage de l'Irlandaise Marie Collins, abusée par un prêtre lorsqu'elle fut hospitalisée étant enfant, a été entendu ce 7 février. Un témoignage particulièrement poignant. Ces deux interventions (cardinal Levada et Marie Collins) sont téléchargeables (voir dépêche).

Cardinal Levada Une minorité d'abuseurs a causé un grand mal aux victimes et à lEglise
Une « petite minorité » d’abuseurs a causé « un grand mal aux victimes et à la mission de l’Eglise » a fait observer le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, en ouverture du colloque lundi soir. Son intervention, intitulée « une réponse à multiples facettes au défi des abus sexuels sur mineurs », a rappelé tout d’abord combien Benoît XVI, déjà du temps où il était cardinal-préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, a agi pour que les lignes changent à l’intérieur de l’Eglise et pour que « la délicate et urgente question » des abus trouve des réponses.
Après avoir exposé devant les délégués de cent dix conférences épiscopales et d’une trentaine d’ordres religieux le travail déjà accompli par l’Eglise lors de ces dix dernières années, le cardinal a rappelé qu'à l’occasion de l’année sacerdotale, en décembre 2010, lors de la présentation des vœux de Noël à la Curie romaine, Benoît XVI avait abordé de front et sans concession le drame des abus. Après cette prise de position sans équivoque sur la volonté du Pape d’affronter le problème, la CDF a publié une circulaire le 3 mai 2011, « pour aider les conférences épiscopales à établir des directives pour le traitement des cas d’abus sexuel commis par des clercs à l’égard de mineurs ». Il a souligné que les conférences épiscopales et les évêques étaient au centre de la réponse que l’Eglise doit donner aux problèmes posés par les abus. « Le rôle de la conférence épiscopale est double : celui d’offrir une assistance aux évêques diocésains, et celui de coordonner une réponse effective et uniforme face à la crise des abus sexuels sur mineurs. » Un des points les plus importants, a-t-il rappelé est l’attention portée aux victimes d’abus. Le premier besoin pour les victimes, « est d’être écoutées, de savoir que l’Eglise les écoute, que l’Eglise comprend la gravité de leur souffrance, qu’elle veut les accompagner le long d’un chemin de guérison souvent long, et qu’elle a entrepris ou qu’elle est désireuse de prendre des mesures effectives pour s’assurer que d’autres enfants seront protégés de tels abus. » Un autre défi se pose, selon le cardinal, celui d’une « éducation des parents et des enfants eux-mêmes au sujet des abus dans la société dans son ensemble ». C’est là qu’entre en jeu la formation des prêtres et des religieux. Enfin, dernier point abordé par le cardinal Levada concernant la lettre circulaire de 2011, la coopération avec les autorités civiles. L’Eglise a l’obligation de coopérer et de rapporter les crimes aux autorités compétentes.
Lire l'intervention du cardinal Levada

Benoît XVI souhaite une protection et aide énergiques pour les victimes
Dans un message signé par le secrétaire d’Etat du Saint-Siège et adressé aux participants du symposium, le pape encourage “tout effort visant à répondre (…) au défi de fournir aux enfants et aux adultes vulnérables un environnement ecclésial qui contribue à leur épanouissement humain et spirituel“. Le pape a souhaité en outre que les discussions de ce symposium aident “de nombreux évêques et supérieurs d’ordres religieux du monde entier (…) à répondre à la manière du Christ à la tragédie des abus d’enfants“. Aux yeux du pape, “soulager les victimes doit être de la plus haute importance pour la communauté chrétienne et doit aller de pair avec un profond renouveau de l’Eglise à tous les niveaux“.

L’avis du recteur du séminaire français de Rome
Le symposium international doit faire la vérité sur les vraies causes de ces actes et les dysfonctionnements. C’est l’avis du recteur du séminaire français de Rome, le Père Sylvain Bataille. Le prêtre français est l’un des 200 participants à la rencontre. "Face à ces drames de la pédophilie comme en toutes situations, le Christ invite à une double démarche: vérité et amour". "Il s’agit d’abord de comprendre pourquoi et comment on a pu arriver à de telles situations si contraires à l’Evangile", a-t-il assuré. Selon le Père Bataille, le symposium peut fournir "des analyses intéressantes pour faire la vérité, humblement, pour que chacun puisse reconnaître ses responsabilités réelles et agir en conséquence". "En toute situation, l’Evangile propose un chemin de guérison des cœurs blessés pour aimer en vérité et en acte", a déclaré le recteur du séminaire français de Rome.

Marie Collins : Soigner les plaies au coeur de l’Église et de la société
Écouter, comprendre et agir pour guérir et réhabiliter les victimes, telle est le sens de l'intervention de Marie Collins ce mardi matin au symposium "Les victimes et les survivants aux abus sexuels commis par le clergé doivent être nos premiers enseignants si nous voulons vraiment comprendre et soulager leur traumatisme. Ce n'est qu'en écoutant leurs voix que nous trouverons les moyens pour faire en sorte qu'aucun enfant ou personne vulnérable sera victime d'une personne qui occupe un poste de confiance et de pouvoir dans l'Eglise. Ce n'est qu'en écoutant et en croyant à leurs témoignages que nous serons capables de les aider à retrouver leur sentiment de sécurité et de confiance."
Marie Collins est née à Dublin, en Irlande, le 10 novembre 1946. Depuis des années elle organise des campagnes en faveur de la protection des enfants et de la justice pour les victimes d’abus sexuels commis par des religieux. Elle-même a été abusée sexuellement alors qu’elle était hospitalisée dans un hôpital pour enfants de Dublin. Dès 2003 elle apporte son aide à l’archidiocèse de Dublin pour instituer le Service de protection des mineurs. Dans la foulée, elle fait partie de la Commission Lynott chargée de rédiger le texte de référence pour l’Église catholique de toute l’Irlande en matière de protection des enfants « Nos enfants, notre Église ». Avec d'autres victimes, Marie Collins s'est battue pour convaincre le gouvernement irlandais d'instituer la commission d’enquête de l’archidiocèse de Dublin, connue comme Commission Murphy, dont le rapport a été publié en novembre 2009.
Témoignage de Marie Collins

Apic/zenit/radio vat./thr.unigre/bl

Catégorie : L'actu

Dans la même catégorie