Des représentants de différentes institutions ecclésiales ont demandé pardon aux victimes de prêtres et religieux pédophiles lors d’une veillée pénitentielle, célébrée dans la soirée du 7 février 2012 à Rome. Cette cérémonie inédite était l’un des temps forts du symposium international sur la prévention et la lutte contre la pédophilie dans l’Eglise.
La veillée a eu lieu dans l’imposante église Saint-Ignace, au cœur de Rome. Une dizaine de supérieurs de congrégations religieuses et de délégués des conférences épiscopales, présents au symposium organisé par l’Université pontificale Grégorienne en étroite collaboration avec le Vatican, y sont entrés en procession, en silence. Après la lecture d’un passage de la Bible, le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques - tout un symbole -, ainsi que d’autres prélats, ont récité une prière pénitentielle évoquant notamment le "mal fait aux plus petits".
Plus jamais ça
"Cette tragédie est une grande honte et un énorme scandale", a déclaré le cardinal Ouellet dans son homélie (voir ci- dessous), précisant que les membres du clergé présents à la célébration y participaient "non seulement en tant que croyants mais aussi en tant que pénitents". "Comme membres de l’Eglise, nous devons demander pardon à Dieu et aux victimes et rester proches d’elles pour soigner leurs blessures. La première étape est de les écouter et de croire leurs histoires douloureuses", a-t-il ajouté. Le cardinal canadien a demandé l’établissement de structures spécifiques pour prévenir les actes de pédophilie, mais surtout l’adoption d’une mentalité du "plus jamais". Il a espéré que l’exemple de l’Eglise puisse servir à d’autres structures pour lutter contre la pédophilie.
Pénitence
La "grande demande de pardon" a été prononcée par sept membres de l’Eglise: un éducateur, un supérieur religieux, un prêtre, un évêque, une mère de famille, un fidèle et le cardinal Ouellet. Les participants ont prié Dieu "pour tous ceux qui, à cause de la faiblesse de ses ministres, ont perdu la foi en Lui et la confiance dans l’Eglise".
"Nous te confions aussi ceux qui ont provoqué le scandale dans ton troupeau: toi qui connais les cœurs, allège la douleur des victimes et soutiens dans la pénitence ceux qui se sont rendus coupables de ce mal", a déclaré un participant.
Le cardinal Ouellet a demandé "le pardon pour tous ceux qui ont abusé de différentes manières des petits et des faibles, leur ôtant l’espérance d’une pleine réalisation humaine et spirituelle, et pour tous ceux qui ont discriminé leur prochain et l’ont marginalisé. Que notre effort sincère pour réparer les erreurs du passé puisse porter des fruits abondants."
L’Irlandaise Marie Collins, victime d’un prêtre de Dublin dans son enfance, a demandé à Dieu la force de pardonner, estimant qu’il est lourd et difficile pour les victimes de pardonner à ceux qui ont fait le mal. Chacune des personnes présentes dans l’assemblée a ensuite allumé une bougie.
Le danger d'une société pédophobe : Don Fortunato Di Noto
« Une société qui ne lutte pas contre la pédophilie est souvent une société hypocrite et « pédophobe » : elle a peur des enfants et leur nie le droit d’exister comme enfants », a fait observer celui que tous connaissent en Italie comme « Don Fortunato ». Le P. Fortunato Di Noto, fondateur de l'association Meter est une illustre figure de l'engagement contre la pédophilie. Au symposium il a témoigné de son expérience de plus de vingt ans au service des plus petits.
Retrouvez le témoignage de Don Fortunato Di Noto
Retrouvez l'homélie du cardinal Ouellet
Apic/imedia/zenit/bl


