Selon différentes sources, l’Italie aurait demandé au Vatican d’intervenir dans la résolution d’une crise avec l’Inde, née de la mort de deux pêcheurs indiens tués par des soldats italiens qui les avaient pris pour des pirates.
Citant le quotidien The Hindu , le journal La Croix signale que Rome serait en train de travailler en coulisses via le Saint-Siège, pour obtenir la libération des deux soldats arrêtés par les autorités indiennes, le 20 février, moyennant une compensation aux familles des victimes, toutes deux de religion catholique.
L’Inde semble vouloir rester ferme dans cette affaire et le secrétaire d’État italien aux Affaires étrangères n’a pas réussi à obtenir des concessions de la part des autorités indiennes concernant le possible procès des deux militaires emprisonnés.
Les deux militaires étaient embarqués sur le pétrolier italien Enrica Lexie chargé de 58 000 tonnes de pétrole brut, venant de Singapour et faisant route vers l’Égypte. Le mercredi 15 février, ils ont tiré sur deux pêcheurs âgés de 21 ans et 50 ans, dans les eaux internationales, à 64 km des côtes du Kerala (sud de l’Inde), après les avoir pris pour des pirates naviguant tout près du pétrolier.
Pour le ministère italien de Défense, « l’attitude du bateau de pêche a été jugée clairement hostile, typique de celle des pirates ». De plus, le bateau indien n’aurait pas répondu aux signaux d’avertissement.
Les deux militaires ont été interpellés, après avoir quitté le pétrolier à la suite de plusieurs heures de négociations entre la police locale et des diplomates italiens, et placés en détention provisoire. Le ministère italien des Affaires étrangères a accusé la police indienne d’avoir pris des mesures « unilatérales » et « coercitives » à l’encontre des deux hommes.
L'agence de presse vaticane Fides a indiqué que le nouveau cardinal indien George Alencherry, archevêque majeur des syro-malabars, entendait jouer un rôle de médiateur. Il aurait recommandé au gouvernement du Kerala de ne pas entamer d’action précipitée. Mercredi, la même agence rapportait des propos plus prudents du cardinal, précisant que « la justice et la vérité devaient être pleinement respectées ». « S’il y a des coupables, ils doivent être punis », aurait déclaré le prélat.
JJD (avec La Croix et Apic)

