La chaîne de télévision privée italienne La7 a diffusé, dans la soirée du 22 février, l’interview d’un homme présenté comme l’un des auteurs des fuites de documents confidentiels du Vatican, récemment rendus publics par les médias. Mais certains doutent de la véracité de ce témoignage !
Comme cela se fait dans le cas des interviews sensibles où l’interviewé ne peut être reconnu, l’homme présenté comme l’auteur des fuites sur le Vatican avait la voix déformée, le visage dans l’obscurité, caché par une écharpe, des lunettes et un bonnet. Il a déclaré travailler au dans la cité vaticane depuis une vingtaine d’années. Visiblement italien, il a assuré que son acte était « un geste de colère face à une sorte d’omerta au sein du Vatican », qu’il qualifie de « royaume de l’hypocrisie ». Celui que les médias italiens ont baptisé "le corbeau" a déploré que le Vatican soit « un monde, un pays, où l’on peut entrer, provoquer un carnage, et s’en aller tranquillement », où « "24 heures plus tard personne ne peut fourrer son nez dans ce qui s’est passé ».
Présenté comme l’homme qui transmet à la presse des documents secrets du Saint-Siège, cet inconnu serait en particulier à l’origine de la diffusion par La7 de lettres envoyées courant 2011 au pape et au secrétaire d’Etat par Mgr Carlo Maria Viganò. Dans ces courriers, celui qui était à l’époque le numéro deux du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican évoquait des malversations au sein de l’administration vaticane et y dénonçait la gabegie.
Mise en scène ?
Après avoir publié plusieurs communiqués suite aux prétendues « révélations » de la presse italienne les semaines passées, le Saint-Siège a préféré garder le silence. Cependant plusieurs sources vaticanes ont indiqué à l’agence I.MEDIA que ce témoignage semblait peu crédible, assurant que l’homme présenté était un acteur et donc que l’interview était une mise en scène.
Sans prendre position, ce n’est pas improbable, tant on sait qu’aujourd’hui la manipulation de l’information est l’apanage de certains médias soucieux de faire de l’audience. Par ailleurs, une partie de la presse de la péninsule ait choisi de s’en prendre au Vatican. Dans cette obstination, une émission célèbre de la chaîne publique RAI a diffusé dans la soirée du 22 février une note interne du directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, datant de janvier dernier et évoquant les zones d’ombres qui demeurent dans l’affaire de l’enlèvement en 1983 et de la disparition d’Emanuela Orlandi, la fille d’un employé du Vatican, dont on n’a jamais retrouvé la trace. Le 23 février, l’hebdomadaire L’Espresso a quant à lui publié un article, anonyme, déplorant les « prix exorbitants » des voyages à l’étranger du pape pour les journalistes qui souhaitent l’accompagner, estimant que ces tarifs servent à « couvrir également le coût du voyage pour la délégation pontificale ».
Faut-il croire que n’ayant plus d’informations croustillantes à « mettre sous la dent » depuis le départ de Silvio Berlusconi de la présidence du conseil italien, que la presse ait trouvé un autre sujet qui fait vendre ? C’est que pensent de nombreux observateurs du Vatican.
Dommage que la presse, ou du moins une certaine presse, soit plus intéressée par diffuser des « informations » négatives sur l’Eglise plutôt qu’informer sur les valeurs prônées par celle-ci et par l’Evangile. On comprend que Benoît XVI, ait appelé les chrétiens au « non conformisme face au pouvoir des médias » !
JJD (avec apic et imedia)

