Les évêques congolais pas d’accord avec la Ceni


Partager
Les évêques congolais pas d’accord avec la Ceni
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Depuis les élections du 28 novembre, les appels au calme n'ont pas cessé de s'adresser à la population civile, à l'armée, à la police. Le 3 décembre, la Cenco (Conférence épiscopale du Congo) avait invité la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) à "s’en tenir impérativement à la vérité des urnes". Le 12 décembre dans une déclaration à la presse, le cardinal Monsengwo déclare que les résultats de l’élection présidentielle donnant la victoire à Joseph Kabila, ne sont « conformes ni à la vérité ni à la justice ».

Les résultats partiels donnés par la Ceni début décembre donnaient l'avantage au président sortant Kabila, par rapport à son principal rival Étienne Tshisekedi.
L'Appel lancé par la Cenco dans une déclaration emboîtait le pas à différentes missions tant nationales qu’internationales qui ont observé le déroulement du dernier scrutin.
« La CENCO invite instamment le peuple congolais, les acteurs politiques et la CENI à s’en tenir impérativement à la vérité des urnes telle qu’exprimée et affichée au niveau des bureaux de vote. (…). La CENCO demande que les cas des fraudes avérés soient sévèrement punis et qu’une réparation équitable soit exigée des auteurs ».
La Cenco mettait en garde le vainqueur contre tout triomphalisme, et invitait le vaincu à reconnaître son échec. Elle demandait en outre au peuple congolais de tirer les leçons du passé afin d'éviter tout débordement menant aux violences, pillages, destruction des infrastructures "qui ont fait régresser notre pays".
Sans équivoque, les évêques congolais rappelaient à la police et à l'armée de " garder leur caractère apolitique et républicain", de faire preuve de neutralité, d'éviter absolument toute forme de violence, de recours à la force, de protéger la population et ses biens.

Le 12 décembre à Kinshasa, dans une déclaration à la presse, le cardinal Monsengwo a déclaré que les résultats proclamés par la Commission électorale le 9 décembre, ayant donné la victoire à Joseph Kabila, ne sont « conformes ni à la vérité ni à la justice», a-t-il affirmé devant les journalistes. Les observations de la Conférence épiscopale nationale du Congo et d’observateurs nationaux et internationaux du scrutin « posent sérieusement une question de crédibilité de ces élections, comme vient de l’attester le rapport du Centre Carter », a-t-il ajouté.
La mission d’observation du Centre Carter a relevé samedi des « irrégularités graves » lors du processus électoral et la compilation des résultats, mais qui ne remettent « pas en cause l’ordre du résultat ». Une opinion qui ne serait pas partagée par l'ensemble du clergé congolais.
« Mais puisque les résultats sont provisoires et doivent être confirmés par la Cour suprême de justice (le 17 decembre), nous demandons aux contestataires d’interjeter appel, de recourir aux voies de droit et de ne pas se livrer à la violence. Dix-huit morts, c’est trop ! », s'est exclamé le cardinal Monsengwo, en citant le bilan des violences entre le 26 et le 28 novembre, donnés par l’ONG Human Rights Watch. « Que la Cour suprême se sente donc en conscience interpellée par le peuple congolais tout entier », conclut le cardinal Monsengwo.
La Commission électorale annonçait vendredi 9 décembre la victoire de Joseph Kabila avec 48,95 % des voix contre 32,33 % à M. Tshisekedi.

Cenco/Lcx/afp/bl

Catégorie : L'actu

Dans la même catégorie