Tim Guénard: rebondir quand on a été un enfant battu


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Tim Guénard: rebondir quand on a été un enfant battu
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Tim Guénard sera de passage en Belgique du 10 au 14 octobre. Il visitera des écoles et des prisons, et donnera également trois conférences publiques à Mouscron, Tongres et Namur.

 

Militant chrétien, écrivain et éducateur, Tim Guénard témoignera de son expérience de vie marquée par la violence et la résilience, c'est-à-dire la capacité à surmonter un traumatisme. Un message et une rencontre qui touche particulièrement les jeunes en fin de secondaire et à l'université, mais qui ne laissera personne insensible.
Abandonné à l'âge de trois ans par sa mère, Tim est confié à son père alcoolique et violent. Suite à une plainte auprès d’une assistante sociale, celui-ci le bat, le jette dans l'escalier de la cave lui brisant la mâchoire et les jambes. Tim est alors envoyé à l'Assistance Publique et son père, déchu de ses droits parentaux.
À onze ans, accusé d'avoir incendié une grange, il part en maison de correction. Bizuté par ses camarades, il devient lui-même violent. Un an plus tard, il fugue pour vivre "libre" dans le Paris des années 60. Violé par un "monsieur très chic", il échoue chez des braqueurs de prostituées qui l'embauchent comme guetteur, mais aussi comme gigolo. Il découvre la perversité de certains milieux mais aussi l'entraide entre les plus pauvres et l'amitié vraie. À 15 ans, il est pris par la police. Un juge lui donne sa chance et l'envoie en apprentissage chez un tailleur de pierres. Parallèlement, il découvre la boxe, qui l'aide à canaliser son énergie. Il décroche finalement un CAP de tailleur-sculpteur de pierres des Compagnons du Devoir.

Trois voeux

Par hasard, Tim Guénard découvre la Communauté de l'Arche, fondée par Jean Vanier en faveur des handicapés mentaux. Une rencontre avec un prêtre catholique le mène également sur la voie de la conversion. Il parvient enfin à pardonner à son père et à surmonter le traumatisme de son enfance. Depuis, il se consacre aux jeunes en difficulté.
Tim Guénard témoigne : "Ma vie est aussi cabossée que mon visage. Mon nez, à lui seul, compte vingt-sept fractures. Vingt-trois proviennent de la boxe; quatre, de mon père. Les coups les plus violents, je les ai reçus de celui qui aurait dû me prendre par la main et me dire " je t'aime ". Il était iroquois. Quand ma mère l'a quitté, le poison de l'alcool l'a rendu fou. Il m'a battu à mort avant que la vie ne poursuive le jeu de massacre. J'ai survécu grâce à trois rêves: me faire renvoyer de la maison de correction où j'étais placé - un exploit jusqu'alors jamais accompli; devenir chef de bande; tuer mon père. Ces rêves, je les ai réalisés. Excepté le troisième. C'était à deux doigts... Durant des années, la flamme de la vengeance m'a fait vivre".
Et pourquoi n'a-t-il pas réalisé ce troisième vœu ? Parce que sur ce grand chemin d'une vie parsemée de blessures a surgi un amour, l'Amour "plus fort que la haine" qui désormais récupère toute une vie de vengeance et la transforme en une vie de don.
Tim Guénard a raconté son expérience dans différents livres : "Plus fort que la haine", "Le pardon qui désenchaîne", "Tagueur d’espérance", "Le combat de l'amour".

Charles Delhez

 

À Mouscron, le lundi 10 octobre à 20h, église St-Barthélémy (Grand’place). L’après-midi, Tim rencontre les élèves de l’Institut Le Tremplin.

À Tongre, le mardi 11 octobre à 20h, Basilique de Tongres (parvis N-D de Tongre)

À Namur, le mercredi 12 octobre à 20h15, aux FUNDP – auditoire Pedro Arupe (entrée par le Sentier Thomas, entre les rues Grafé et Grandgagnage)

Pour ces trois rendez-vous la participation aux frais est libre.


Tim guénard par Coeur-et-Esprit


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