Le Patriarche Cyrille Ier de Moscou a appelé l’ONU et la communauté internationale à faire pression pour que les autorités égyptiennes agissent afin de protéger les chrétiens du pays et de rétablir la paix dans la région.
Le 9 octobre dernier, au Caire, des affrontements opposant des milliers de coptes aux forces de l’ordre ont fait 25 morts et plus de 300 blessés, selon un dernier bilan. Les coptes protestaient contre le pillage et l’incendie d’une église chrétienne dans la région d’Assouan, dans le sud du pays. Ils réclamaient la démission du gouverneur de la province, qui avait refusé de reconstruire l’église sous prétexte qu’elle avait été érigée sans autorisation.
Deux jours après ce massacre, le Patriarche Cyrille Ier de Moscou a réagi en estimant que "L’ONU, les organisations internationales, les puissances mondiales capables d’influer sur la politique des nouvelles autorités égyptiennes doivent protester contre les persécutions de chrétiens. Elles doivent tout faire pour rétablir la paix interconfessionnelles et la sécurité dans la région".
"Nous appelons les autorités égyptiennes à mettre fin aux violences contre la communauté copte, aux meurtres des chrétiens, à la profanation des églises et des lieux saints. La communauté chrétienne historique de l’Egypte doit avoir le droit de pratiquer sa foi librement, de préserver les anciennes églises et d’en construire de nouvelles", a ajouté Cyrille Ier.
Le ton plus prudent du pape
Intervenant un jour avant Benoît XVI, le patriarche de Moscou s’est montré plus virulent que le pape envers le nouveau gouvernement égyptien. Le 12 octobre, Benoît XVI a demandé de son coté aux autorités civiles et religieuses du pays de "poursuivre leurs efforts pour le respect des droits des minorités". Il a regretté que le pays soit déchiré par "les tentatives de miner la coexistence pacifique entre ses communautés, qu’il est au contraire essentiel de sauvegarder, surtout en ce moment de transition".
Dans son message lu au terme de l’audience générale, le pape a affirmé son soutien aux efforts des autorités égyptiennes, civiles et religieuses, "en faveur d’une société où sont respectés les droits de tous et, en particulier des minorités, au bénéfice de l’unité nationale".
Un ton prudent donc, qui s'explique par le fait qu'après l’attentat du 31 décembre 2010 devant une église à Alexandrie, son intervention avait été considérée comme une ingérence dans les affaires du pays et avait entraîné le rappel de l’ambassadeur d’Egypte près le Saint-Siège.
Pour rappel, l’Egypte compte 80 millions d’habitants, dont près de 10% sont chrétiens. Quelque 90% d’entre eux sont des coptes orthodoxes.
Apic/P.G.

