Les Etats généraux du Christianisme organisés par La Vie ont tenu leurs assisses ces 5, 7, 8 et 9 octobre 2011 à l’Université de Lille. Le thème général portait sur « Faut-il avoir peur ? ». En tant que Membre du Conseil pontifical du dialogue inter-religieux, Monseigneur Guy Harpigny a accepté d’intervenir en tant que Membre du Conseil pontifical du dialogue interreligieux au premier débat de la journée de ce vendredi 7 octobre 2011 sur le thème : « Faut-il avoir peur de l’islam » ?
Si on s’en réfère à l’histoire, OUI, dit l’évêque de Tournai. Beaucoup de facteurs poussent à avoir peur de l’islam. L’islam a blessé les Eglises orientales du Proche-Orient, il a envahi l’Espagne en grande partie chrétienne, entraînant la reconquista et les croisades. L’islam a pris la place de l’empire romain d’Orient (chute de Constantinople), coupant l’Eglise latine des Eglises orientales. L’islam a menacé l’Europe centrale (Vienne). La situation en Méditerranée était dangereuse (razzias ; prises d’otages ; conversions de force). Le péril turc était conjuré jusqu’à l’ouest de l’empire des Habsbourgs
Au XXème siècle, des régions à majorité musulmane sont en marche vers l’indépendance. De l’ouverture aux techniques du monde occidental au refus de l’impérialisme occidental (américain), un abîme se creuse entre la manière de vivre l’islam dans les pays à majorité musulmane et les démocraties basées sur les droits de l’homme. Avec la question d’Israël, on assiste à un durcissement de certains groupes musulmans à l’égard de ce qui n’est pas musulman. Dès lors, beaucoup de communautés chrétiennes du Proche-Orient sont obligées de quitter leur terre d’origine.
Que constatons-nous à l’heure actuelle en France et en Belgique ?
Les musulmans sont venus d’ailleurs (d’où le discours parfois raciste des autochtones). Ils ont une culture imperméable à la culture européenne occidentale (notion de la famille ; mode de s’alimenter ; mode de s’habiller). Les musulmans ont une capacité d’engendrer des enfants nettement supérieure à celle des Européens de souche : ils pourraient avoir la majorité dans certaines villes dans les cinq années à venir (Bruxelles). Ainsi en certains endroits (villes ou banlieues), l’autorité de l’Etat est mise à mal (Bruxelles ; Anvers). La transmission des savoirs, l’éducation organisée par les pouvoirs publics ou privés posent des questions difficiles aux responsables de l’éducation.
Alors, que faire ?
Il nous faut réagir autrement : comment construire « ensemble » la société de demain, en respectant les spécificités qui font grandir en humanité ? Cela ne se fait pas « en travaillant » chacun chez soi, mais en « en concertation » avec le plus grand nombre. Ici, l’Etat a un rôle mais d’autres secteurs de la société œuvrent aussi dans ce sens. Mgr Harpigny ajoute que " Pour établir une justice sociale, il faut respecter les droits de l’homme", et qu'un être humain, a une capacité d’avoir une relation avec Dieu ; une relation qui ne nous appartient pas et qu'on "ne peut forcer à aller dans tel ou tel sens".
La position de l’Eglise catholique est claire, conclut Mgr Harpigny, "on a un projet à mener ensemble" "Pour participer à ce projet, l’Eglise catholique promeut le dialogue".
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Ctb/Diocèse de Tournai/bl

