Un voyage œcuménique en demi-teinte


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Un voyage œcuménique en demi-teinte
La cathédrale de Fribourg-en-Brisgau
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

La cathédrale de Fribourg-en-Brisgau

La majorité de la presse allemande du 24 septembre a estimé que la rencontre de Benoît XVI avec la communauté protestante allemande, à Erfurt, a été un échec. "Le pape déçoit l'espoir d'avoir plus d'oecuménisme" titrait le "Frankfurter Allgemeine Zeitung" alors que le "Süddeutsche Zeitung" écrivait "Si proche et à la fois si loin". Le "Tageszeitung berlinois", proche des Verts, parlait d'une rencontre "historique", qui ne donnera aucun résultat. Quant au "Frankfurter Rundschau", il évoquait la "suffisance romaine" et un "désastre œcuménique". Enfin, le berlinois "Tagesspiegel", tout en relevant l'hommage de Benoît XVI à Martin Luther, voyait une "claque" infligée aux protestants.

Selon le père Lombardi, des évaluations différentes de cette rencontre sont possibles. Lui y voit des aspects très positifs du point de vue oecuménique, comme le fait que le pape soit venu à Erfurt pour prier à l'endroit même où le réformateur a commencé sa réflexion. Le porte-parole estime également que les attentes en matière d'oecuménisme étaient "supérieures à la réalité".

Devant des représentants des Eglises orthodoxes allemandes, au séminaire de Fribourg-en-Brisgau, Benoît XVI a rappelé que, de toutes les Eglises et les communautés chrétiennes, l'orthodoxie est "théologiquement" la plus proche de Rome, il a aussi évoqué son espoir d'une prochaine unité entre catholiques et orthodoxes.
Le pape s'est aussi réjoui de l'intensification de la collaboration panorthodoxe, estimant qu'elle a fait des progrès essentiels ces dernières années. Un grand Concile de l'Eglise orthodoxe est en préparation depuis 1966, à l'initiative du patriarche de Constantinople Athënagoras. Aux dires de certains, il pourrait avoir lieu en 2012 et rassemblerait toutes les familles issues du grand Schisme de 1054, soit les représentants des quelque 220 millions de chrétiens orthodoxes.

Benoît XVI a une nouvelle fois souhaité une plus grande collaboration des chrétiens face à la tendance actuelle de "libérer la vie publique de Dieu". Il a invité les Eglises chrétiennes allemandes à s'engager ensemble "pour la protection de la vie humaine, de sa conception jusqu'à sa mort naturelle, ainsi que contre toute intervention manipulatrice et sélective".

Par ailleurs, Benoît XVI a loué l'attitude des nombreux catholiques allemands restés fidèles à l'Eglise, pendant les périodes nazie et communiste. Les chrétiens de la Thuringe (ex-RDA communiste) ont dû "supporter une dictature brune et une dictature rouge, qui ont produit sur la foi l'effet d'une pluie acide", a déclaré Benoît XVI dans son homélie du 24 septembre 2011. Le pape a déploré que "de nombreuses séquelles de cette époque se font encore sentir, surtout dans le domaine intellectuel et religieux", conscient que la majorité des habitants de la région vivent désormais "loin de la foi au Christ et de la communion de l’Eglise". Il a toutefois relevé que, durant les deux dernières décennies, des expériences positives ont pu être observées. Il a ainsi estimé que le retour à la liberté a donné une plus grande dignité à la vie des hommes et une plus grande ouverture, y compris du point de vue de l'Eglise. Il a notamment évoqué de nouvelles possibilités pour les activités paroissiales, la restructuration et l'agrandissement d'églises et de centres paroissiaux, des initiatives diocésaines de caractère pastoral ou culturel.

apic/at


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