Controverse en Espagne : des hôpitaux cogérés par l’Eglise autorisent l’avortement


Partager
Controverse en Espagne : des hôpitaux cogérés par l’Eglise autorisent l’avortement
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Le Vatican a exprimé sa préoccupation quant à la situation par rapport à l’avortement, de certains hôpitaux de Catalogne dans lesquels l’Eglise est impliquée. Il l’a fait dans une lettre adressée le 6 juin au prêtre de l’archevêché de Barcelone le P. Custodio Ballesteros qui, le mois dernier, avait fait part au dicastère de son inquiétude face à la pratique d’avortements dans ces hôpitaux et devant, selon lui, le silence de l’Eglise locale.

« Le Conseil pontifical pour les Service de santé (la Pastorale de la santé) est conscient de ce défi surtout pour les hôpitaux catholiques, car ils sont tenus de protéger et défendre la vie humaine dans une culture de mort », indique la lettre.

L’Hôpital San Pablo de Barcelone et l’hôpital général de Granollers figurent dans le registre officiel du ministère de la santé comme centres de santé qui ont déclaré des avortements légaux en 2009. Compte tenu de cette réalité, « la direction de l’hôpital a ordonné au Service de Gynécologie-obstétrique de ne pas pratiquer d’avortements », a rapporté le 21 juin un porte-parole de l’archidiocèse de Barcelone.

Dès août dernier, les représentants du chapitre de la cathédrale de Barcelone à l’hôpital San Pablo ont déclaré qu' « ils se sont toujours prononcés en faveur de la vie humaine dès le moment de sa conception et œuvrent pour que ce principe puisse prévaloir dans les actions de l’hôpital ». Ils ont expliqué que, dans cet hôpital de Barcelone, « conformément aux principes éthiques qui l’ont inspiré depuis sa fondation, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’est pas pratiquée, même si exceptionnellement peuvent intervenir des circonstances médicales qui conduisent à des actions susceptibles d’entraîner la perte du fœtus ». Et ils ont affirmé que, en cas de violation de l’un ou l’autre des principes éthiques et moraux de l’Eglise catholique que le fonctionnement de l’hôpital est tenu de respecter par convention, « les mesures appropriées seront prises en vue de leur respect ».

En vertu de la loi

En Espagne, selon la Loi organique relative à la santé sexuelle et reproductive et à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), entrée en vigueur au mois de juillet dernier, « la prestation sanitaire de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) doit être effectuée dans des centres du réseau de santé publique ou liée par convention à celui-ci ».

La loi stipule que « l’accès à la prestation sera garanti à toutes les femmes » et fixe le délai maximum pour avorter librement à quatorze semaines de grossesse, et à vingt-deux semaines avec une avec prescription médicale.

Dès l’entrée en vigueur de la loi, certains hôpitaux ont été soumis à une pression accrue pour qu’ils réalisent des avortements, a expliqué le vice-président du conseil d’administration du Sant Hospital de La Seu d'Urgell et curé de la paroisse de cette ville des Pyrénées, le P. Xavier Parès.

« Lors d’une réunion du conseil d’administration il y a six mois, un médecin a affirmé que, jusqu’à maintenant, cet hôpital n’effectuait pas d’avortements mais qu’à long terme, il sera contraint de le faire, a expliqué le prêtre -. J’ai dit que nous ne pouvions pas autoriser cette pratique dans un hôpital où l’Eglise siège au conseil d’administration, et tous sont restés silencieux ».

Le P. Custodio Ballesteros a declaré qu’il a eu des entretiens à Rome avec d’éminents représentants du Vatican qui lui avaient indiqué que si l’Eglise est dans un hôpital, il ne peut pas y avoir d'avortements, et s’il y en a, l’Eglise doit se retirer.

Pour le P. Ballesteros, l’Eglise doit renoncer aux fonds publics pour préserver sa liberté même si cela doit diminuer la quantité de ses hôpitaux.

(ZENIT/MVL)


Dans la même catégorie