Voulant soutenir 300 familles pauvres menacées d'expulsion suite à la spéculation immobilière, le curé de la paroisse d'Itabira au Brésil a entamé un jeûne afin d'inciter les autorités municipales à proposer une solution viable pour ces "sans-toit".
Ce sont plus de 1.000 personnes qui sont menacées d’expulsion dans la commune d’Itabira. En effet, elles ont reçu un avis de la justice qui les oblige à quitter avant la fin du mois de juillet le quartier "Drummond" où elles résident. Le problème est qu’elles n’ont nulle part où aller. Attirées par l’activité minière de la région, ces familles occupent depuis une dizaine d'années ce qui n’était alors qu’un terrain vague, abandonné depuis quarante ans. C’est pour sensibiliser l’opinion et inciter les autorités municipales à établir un dialogue avec ces familles pour qu’elles puissent obtenir, au moins, une terre pour reconstruire leurs maisons, que le prêtre a entamé son jeûne.
Pour le père de Melo, le jeûne est permanent et il ne boit que de l’eau. Il continue à célébrer les messes et les communions normalement. De nombreuses personnes de la région l'ont rejoint dans son action. "C’est l’occasion pour nous tous de montrer notre solidarité avec les familles de sans-toit, mais aussi de dénoncer les injustices. J’observerai ce jeûne jusqu’à ce que la situation de ces familles soit résolue. Mon jeûne me permet de réfléchir, méditer et prier."
En plus du jeûne, des dizaines d’habitants campent devant la mairie, car personne ne veut partir sans garantie de ce quartier. La société et une bonne partie des habitants de la ville sont sensibles à la situation de ces familles et ont compris que l’enjeu de la récupération de ce terrain est avant tout motivé par la spéculation immobilière. Ces 300 familles sont également un symbole de ce que vivent des milliers d’autres "sans-toit" au Brésil. Il faut savoir que l'on estime à plus de 20 millions de personnes sans toit au Brésil, qui vivent dans des favelas, des immeubles occupés, des ensembles de logements clandestins, des taudis ou alors sous les ponts et viaducs des grandes villes.
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