Dernière-née des structures d'accueil mises en place par Caritas International pour les demandeurs d'asile en Belgique, Les Logis de Louvranges avaient ouvert leur porte au public le 19 juin dernier. Beaucoup de monde ont répondu à cette invitation qui fut une belle occasion de fêter la création de ce centre et d'aller à la rencontre de leurs résidentes.
Le 19 juin, c'était la fête aux Logis de Louvranges. A la veille de la Journée mondiale des Réfugiés, qui marquait cette année le 60ème anniversaire de la Convention de Genève, Caritas International avait invité le grand public à découvrir leur dernière structure d'accueil pour réfugiés. Et ils furent très nombreux à pousser ainsi la porte! Musiques et saveurs du monde, discours officiels et remerciements à l'adresse de tous ceux qui ont œuvré pour que le projet voit le jour - et oeuvrent encore pour son bon fonctionnement - ont rythmé une après-midi joyeuse et colorée qu'une grosse averse n'aura pas réussi à gâcher.
La fête, donc, après deux années de travaux contrariés par les recours de quelques riverains méfiants. Désormais, tout est rentré dans l'ordre. Et l'ancien couvent des Filles de la Charité est aujourd'hui devenu une structure pour réfugiés tout à fait unique en Belgique: elle n'héberge en effet que des femmes isolées avec leurs enfants.
Derrière ce projet, on trouve Caritas International qui a racheté le couvent en 2006. L'ONG est particulièrement impliquée dans l'accueil des demandeurs d'asile en Belgique. Elle en est même un des principaux acteurs, avec la Croix-Rouge, et vient déjà en aide à un millier de personnes réparties dans 300 logements. Cet accueil en hébergement individuel est un choix de Caritas afin de garantir le respect de la vie privée et familiale du demandeur d'asile tout en favorisant son autonomie.
Pour des réfugiées plus vulnérables
C'est le même esprit qui a présidé au projet de Louvranges retenu par sœur Christiane (chargée de la vente du couvent), conformément au voeu de service aux pauvres qui caractérise les Filles de la Charité. Sauf qu'ici les logements sont regroupés et qu'ils ne sont occupés que par des femmes et leurs enfants. Une approche selon le genre donc, que Catherine Braun, responsable et coordinatrice de ce projet, justifie par la plus grande vulnérabilité de ces réfugiées.
Après rénovation, la quarantaine de chambres de l'ancien couvent s'est transformée en 18 appartements (de 1 à 3 chambres) qui ont accueilli leurs premières occupantes à la mi-juillet 2010. S'ajouteront à terme quatre appartements supplémentaires. Le site héberge à l'heure actuelle 18 femmes (et 43 enfants) de 12 nationalités différentes.
Aux Logis de Louvranges, les journées sont rythmées par la scolarité des enfants, par la rencontre avec l'assistante sociale pour faire le point sur les procédures de demande d'asile, et par les différents ateliers mis en place par l'équipe de bénévoles. Ils sont une trentaine (principalement des voisins) pour donner des cours de français, d'informatique, de couture, mais aussi pour assister et véhiculer les résidentes dans leurs différentes démarches, s'occuper des enfants pendant que les mamans suivent leurs formations…
"Nous leur apprenons aussi à savoir gérer l'aide sociale qui leur est allouée", indique Catherine Braun, qui ajoute que tout est ici mis en œuvre pour accompagner ces femmes vers l'autonomie, en attendant que leur demande aboutisse, ce qui n'est évidemment pas garanti…
Egalement épaulées par une accompagnatrice sociale, sécurisées par la présence de François, le concierge, et des trois sœurs de la Charité qui vivent encore ici et ont une mission de présence et de proximité (mais bien plus que ça dans las faits!), toutes ces résidentes retrouvent peu à peu courage et confiance. Mieux encore: elles retrouvent une joie de vivre.
Pierre GRANIER
Photos: Gilles Cnockaert

