Ce 3 juin, Monseigneur Aloys Jousten, l'évêque de Liège, fête les 10 ans de son ordination épiscopale. Une interview d'Anne-Elisabeth Nève du diocèse de Liège.
Monseigneur, ce 3 juin 2011, vous fêtez les dix ans de votre épiscopat: si le Pape Jean-Paul II se plaçait résolument sous la protection de Marie, j’ai le sentiment que votre épiscopat est particulièrement placé, lui, sous la houlette de l’Esprit Saint.
Dès votre accession à l’épiscopat, vous choisissez des armoiries dont la couleur principale est le rouge, couleur de l’Esprit. Votre devise, Gaudium Domini fortitudo nostra, évoque la force qui nous vient de l’Esprit. Pourquoi ces choix ?
Monseigneur Jousten: J’ai effectivement été ordonné évêque le jour de la Pentecôte 2001 ; c’est le jour de la fête de l’Église, son anniversaire en quelque sorte, le jour de sa naissance permanente. L’Église est là, toujours nouvelle, et nous sommes à la disposition de l’Esprit que Jésus nous envoie dès qu’Il est remonté au Ciel. Il est l’Esprit de vérité, notre défenseur, celui qui nous est envoyé pour guider le peuple de Dieu, le peuple que Jésus veut rassembler. Après sa résurrection, Jésus nous donne son Esprit pour que l’Église continue sa mission : être et devenir de plus en plus le peuple de Dieu, en nombre et en profondeur !
Être ordonné évêque le jour de la Pentecôte, c’est un signal. Mgr Houssiau m’avait d’ailleurs dit que c’était la "bonne date" ! Je n’oublierai jamais le jour de mon ordination, j’étais bouleversé par la présence de tant de monde, de l’enthousiasme et de l’accueil qui m’ont été réservés. J’étais moi-même disposé à accueillir davantage l’Esprit Saint et le peuple qu’il me confiait.
Le 3 juin, c’est le point de départ de mon ministère épiscopal. Je me suis senti porté par la prière des évêques qui m’ont imposé les mains et accueilli dans le collège épiscopal, mais aussi par la prière des fidèles. J’étais là pour l’Église en marche, le peuple de Dieu dans le monde d’aujourd’hui. Ma préoccupation, depuis ce moment, c’est d’être le pasteur d’une église dans le monde et pour le monde, au service des hommes dans l’église particulière qui vit dans la province de Liège.
Pour les armoiries, vous avez raison, le rouge est la couleur de l’Esprit. Mais s’y trouve aussi le soleil, d’or: c’est le symbole de l’amour de Dieu, sa chaleur; c’est, plus encore, le symbole de la fidélité de Dieu: comme le soleil, même s’il disparaît à nos yeux, est toujours là !
Ma devise est l’antienne d’un psaume que nous chantions en paroisse, et qui revient dans la liturgie des heures. Lorsque j’ai cherché une devise pour mon épiscopat, cette antienne m’a particulièrement touché et je l’ai donc adoptée. Dans sa version en allemand, le texte dit plus encore "la fidélité de Dieu est notre joie": nous pouvons avoir confiance en Lui, car la vérité de Dieu se vérifie dans son action.
Dans le Nouveau Testament, nous découvrons que la force du Seigneur est bien celle de l’Esprit Saint.
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