Environ 12 millions de Roms vivent aujourd’hui en Europe. Afin d’améliorer leur intégration, la Commission européenne a récemment adopté un "cadre pour les Stratégies nationales d'intégration des Roms" pour la période allant jusqu'à 2020. Les Eglises approuvent, mais demandent plus encore.
Ce document cadre gagnerait à distinguer davantage les perspectives de court et de long terme: en effet, l’accès à l’emploi, aux services de santé, à l’éducation et au logement devraient être réalisés rapidement, tandis que les changements de fond dans la société pourraient demander plus de temps. Les représentants des Eglises ont plaidé en faveur d’objectifs plus ambitieux en matière d’accès à la Justice, notamment l’octroi de documents officiels aux citoyens roms. Concernant l’éducation, il s’agit de garantir que les enfants roms puissent accomplir leur cursus dans l’enseignement secondaire afin d’accéder a des emplois qualifiés, tandis que la formation continue pour adultes devrait être développée.
Des défis à relever
Le chômage et le manque d'éducation sont les deux grands défis auxquels est confrontée la population des gens du voyage. Mais au delà de la création d’emploi et de l’éducation, la formation des consciences est cruciale. Selon un évêque hongrois, présent au Séminaire de Dialogue de la Commission européenne durant lequel ces questions furent débattues: "L’homme est le principal acteur du développement, et pas l’argent ni la technologie."
L’inclusion des Roms est aussi un processus à double sens : les autorités publiques et les Eglises peuvent aider les Roms à prendre conscience de leurs responsabilités et de leurs devoirs envers la société.
S’agissant de la contribution des Eglises sur l’intégration des Roms, les représentants des Eglises ont souligné la nécessité de changer les attitudes discriminatoires que la majorité des citoyens développent à l’égard des minorités Roms. Parallèlement, l’éducation sur la culture, l’histoire et l’identité Rom, dans toute sa diversité, apparaît essentielle et devrait devenir un sujet à enseigner dans les écoles.
Des représentants de l’UE ont reconnu que la Commission européenne n’était pas parvenue à évaluer ces dernières années l‘utilisation des fonds européens pour financer des projets d’intégration des Roms au niveau local. C’est pourquoi la nouvelle Stratégie en faveur des Roms vise à améliorer l’évaluation et la réglementation sur l’utilisation des fonds européens.
Il revient désormais aux Etats membres d’élaborer leurs plans nationaux d’inclusion. Il est par conséquent vital que les acteurs gouvernementaux et non-gouvernementaux ainsi que les Eglises coopèrent au niveau national pour atteindre les objectifs fixés par la Stratégie en faveur des Roms.
Comece/SB

