Le dernier rapport de la Coalition contre les armes à sous-munitions indique que 39 milliards de dollars sont encore investis par des établissements financiers publics et privés dans la production de telles armes. Ces dernières sont pourtant interdites.
Presque trois ans après la signature historique de la Convention sur les armes à sous-munitions à Oslo en décembre 2008, 39 milliards de dollars sont encore investis par des établissements financiers publics et privés dans la production d’armes à sous-munitions qui, comme les mines terrestres, sont interdites dans le droit international. C'est ce que révèle le dernier rapport de la Coalition contre les armes à sous-munitions qui sera présenté le 25 mai prochain à Bruxelles.
Côté européen, bien que la Belgique, l'Irlande et le Luxembourg aient pris l'initiative d’une législation qui interdit ces investissements, et malgré les résolutions du Parlement Européen de 2005, 2007 et 2008 invitant les Etats membres à se désengager et à interdire l’investissement auprès de producteurs d’armes à sous-munitions, un trop grand nombre de pays et d'établissements financiers restent à la traîne. Le rapport constate que 28 institutions financières des États membres de l'Union Européenne ont investi plus de 3,27 milliards de dollars dans de telles entreprises...
À l’échelle mondiale, de grandes banques comme JP Morgan Chase (USA), Goldman Sachs (USA), Citibank (USA), Changjiang Securities (Chine) et la Sberbank (Russie) sont parmi les premiers condamnables dans la prestation de services et/ou de prêts aux producteurs de ces armes meurtrières. Au total, le rapport cite et dénonce 166 institutions financières du monde entier qui continuent à investir dans la production de bombes à fragmentation.
Les auteurs de ce rapport (dont IKV Pax-Christi) et les militants de la Coalition contre les armes à sous-munitions réclament le désengagement total de ces financiers et demandent à l'Union Européenne de faire preuve de leadership et de légiférer en faveur du désinvestissement.
P.G.

