Lorsque la demande est arrivée à Salzinnes, à la paroisse Sainte- Julienne, l'abbé Cédric Claessens reconnaît bien volontiers qu'il s'est laissé tirer l'oreille. "Des confrères m'avaient dit qu'une messe retransmise en direct à la télévision représentait beaucoup de contraintes. Finalement, les paroissiens ont réussi à me convaincre, lance le jeune prêtre dans un grand éclat de rire. Mais j'ai mis mes conditions. Même si la messe sera plus courte que les autres dimanches, cela doit être une célébration priante et pas un spectacle." A suivre, ce dimanche, sur le petit écran à partir de 10h45 et jusqu'à 11h30. La messe sera retransmise sur "La Deux" et sur "France 2".
Depuis quelques semaines, même si les paroissiens sont là pour l'épauler, l'abbé Claessens ne peut s'empêcher de penser à la retransmission télévisée de cette messe et à ses contraintes. "Dans la vie, je ne suis pas quelqu'un de stressé. Pour le moment, je ne me rends pas vraiment compte de ce qui m'attend, explique l'abbé Cédric Claessens. Mais dimanche, cinq minutes avant le début de la messe j'ai bien l'impression que je vais me prendre un bon coup de stress. C'est à ce moment-là que je remarquerai que j'ai oublié quelque chose. Je me connais..."
L'abbé Claessens était assez réticent lorsque la demande de la RTBF lui est arrivée. "Tout est noté, dans le script, de A à Z. Il n'y a pas de place pour ajouter un geste à ce qui a été initialement prévu.
Moi qui aime bien improviser ou plutôt ne pas être trop figé lorsque je célèbre..." La contrainte importante est bien sûr celle du temps. "La messe dure habituellement une heure précise le curé de Salzinnes. Ici, elle ne devra pas dépasser les 45 minutes. Mon homélie fait cinq minutes, pas une seconde plus! J'ai beaucoup parlé avec les équipes de la RTBF et j'ai vraiment insisté que pour que la grâce de notre lieu transparaisse lors de cette retransmission. Un des objectifs et, pour le moment, mes prières vont dans ce sens: il faut que la célébration soit priante."
La retransmission d'une messe, par la télévision, c'est une sacrée affaire à gérer. Une trentaine de personnes emmenées par l'abbé Philippe Mawet prennent possession des lieux. Tout commence le samedi avec l'arrivée des camions, du camion-régie... Il faut installer les caméras et dérouler des mètres et des mètres de câbles. L'après-midi sera consacré aux répétitions: la chorale et les lecteurs. Ils ont été choisis pour représenter la communauté de Salzinnes dont la moyenne d'âge flirte avec les 35 ans: un enfant, des ados, des membres de la chorale...Lors de cette célébration, l'abbé Claessens aura à ses côtés le Père Vincent Hendrickx et Marcel Libioulle, le diacre permanent.
Pour être en forme, l'abbé Claessens se ménage du temps pour faire du sport. "Mardi, je suis allé courir. Les prochains jours, je ferai du vélo (ndlr: l'abbé Claessens a été champion de bi-cross). En faisant du sport, je me détends."
Les spectateurs belges et français découvriront donc une communauté très dynamique emmenée par un jeune prêtre installé à Namur depuis pas mal d'années mais qui a su garder son accent... suisse!
CB/bl


