La Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis (USCCB) a élu, le 15 novembre 2016, son nouveau président en la personne du cardinal Daniel DiNardo, archevêque de Galveston-Houston au Texas.

Les évêques américains sont actuellement réunis en assemblée plénière à Baltimore, sur la côte est des Etats-Unis.
Mgr DiNardo succède pour un mandat de trois ans à Mgr Joseph Kurtz, archevêque de Louisville dans le Kentucky, dont il était le vice-président. Né en 1949 et créé cardinal en 2007 par Benoît XVI, Mgr DiNardo a travaillé à Rome (au sein de la Congrégation pour les évêques de 1984 à 1990. Il est membre du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement. Il figure depuis 2014 parmi les huit cardinaux membres du Conseil pour l'économie, organe créé par le pape François dans le cadre de la réforme du contrôle financier du Saint-Siège.
Mgr José Horacio Gomez, l’archevêque de Los Angeles a été élu au poste de vice-président.
Un prélat conservateur
Le cardinal DiNardo appartient à la frange réputée conservatrice de l’épiscopat américain, note le quotidien français La Croix. En octobre 2015, il faisait notamment partie des 13 cardinaux ayant adressé une lettre au pape pour s’inquiéter que les résultats des débats du synode sur la famille soient joués d’avance.
En novembre 2015, c’est lui qui était chargé de piloter la révision du guide à l’usage des électeurs américains, en vue de l’élection présidentielle. Il avait alors rejeté les critiques venues de quelques évêques, qui regrettaient que les préoccupations portées par le pape François, notamment la pauvreté et l’environnement, n’aient pas été suffisamment prises en compte dans ce document.
Selon La Croix, cette élection du cardinal DiNardo, au premier tour, n’est pas vraiment une surprise dans la mesure où l’usage veut que la présidence de l’USCCB revienne au vice-président, poste auquel l’archevêque de Galveston-Houston, au Texas, avait été élu il y a trois ans. "En revanche, le choix du nouveau numéro deux, Mgr José Horacio Gomez, 65 ans, archevêque de Los Angeles, au troisième tour parmi dix candidats en lice, est plus significatif", écrit Céline Hoyeau. Et de préciser: "Alors que Donald Trump a promis d’expulser deux à trois millions de sans papiers, traités de « criminels » durant la campagne présidentielle, l’élection de Mgr Gomez, l’un des plus fervents défenseurs des migrants au sein de leur assemblée – et premier hispanique élu au poste de vice-président – est un signal fort adressé à la nouvelle administration américaine".
Né à Monterrey au Mexique où vivent ses sœurs, Mgr Gomez a lui-même été naturalisé en 1995. Il pilote aujourd’hui le plus grand diocèse américain, dont 70 % de la population est hispanique. Ces dernières années, il s’est particulièrement impliqué dans la promotion d’une réforme du système migratoire aux États-Unis et, deux jours après l’élection de Donald Trump, il adressait de nouveau un vibrant plaidoyer en faveur de l’accueil des migrants et de leurs familles, aux côtés du maire de Los Angeles : « Ce soir en Amérique, les enfants ont peur, des hommes et les femmes sont inquiets, se demandant où fuir et se cacher… Cela ne devrait pas arriver aux États-Unis. Nous valons mieux que cela », affirmait-il, appelant à « construire des ponts », là où Trump a promis d’élever un mur à la frontière mexicaine.
En cela, les 270 évêques américains, qui s’étaient engagés lundi à « promouvoir des politiques humaines » pour « protéger la dignité des migrants », ont manifestement suivi la ligne tracée par leur président sortant, Mgr Joseph Kurtz, dans son message final, mais aussi par le pape François. Dans la vidéo qu’il leur a envoyée, ce dernier a mis tout particulièrement l’accent sur la communauté hispanique - un tiers de la population américaine - et sur la vitalité qu’elle apporte à l’Amérique.
Déclaration contre le racisme demandée
Dans le cadre de leur assemblée plénière, les évêques devraient rapidement publier une déclaration dénonçant le racisme, rapporte le journal catholique britannique The Tablet. L'objectif est d'aider à une accalmie des esprits en cette période "d'incertitude post-électorale" et de montée des tensions. Toute une série d'incidents à caractère raciste, xénophobe, islamophobe ou homophobe sont survenus ces derniers jours aux Etats-Unis dans le sillage de l'élection de Donald Trump au poste de président.
Mgr Wilton Gregory, archevêque d'Atlanta, lui-même noir, a appelé ses collègues à cette démarche. Au début de l’assemblée plénière des évêques américains, Mgr Wilton Gregory, archevêque d’Atlanta, a présenté les premières conclusions de la cellule spéciale de travail sur les tensions raciales qu’il dirige. Cette cellule lui a été confiée en juillet par Mgr Joseph Kurtz, le président sortant, après des violences à Bâton Rouge, en Louisiane, à Minneapolis et à Dallas. Mgr Gregory, qui a recensé ces derniers mois les initiatives existantes dans les diocèses américains, a notamment recommandé la mise en place de discussions et de formations au niveau paroissial et diocésain. Surtout, dans le contexte de « l’incertitude post-électorale » qui a, selon lui, aggravé ces tensions, Mgr Gregory a jugé nécessaire la publication rapide d’un document commun de l’épiscopat sur la question du racisme.
Avec Cath.ch et La Croix

