Ce vendredi 9 février, les Jeux Olympiques (J.O.) d'hiver se sont ouverts en Corée du Sud. Pour la première fois, le Comité international olympique a formellement invité une délégation du Saint-Siège.
Ces J.O. de Pyeongchang sont symboliques à plus d'un titre. D'abord parce qu'ils ont permis d'amorcer un timide réchauffement entre le pays organisateur et son voisin du Nord. Coréens du Nord et du Sud ont non seulement défilé sous une bannière commune, mais ils ont aussi constitué une équipe commune en hockey féminin. Certes, ce n'est pas la première fois puisqu'un défilé commun avait déjà été observé aux J.O. de Sydney en 2000, à ceux d'Athènes en 2004 à Athènes et à Turin en 2006. Mais, depuis douze ans, ce n'était plus d'actualité et encore moins la constitution de l'équipe de hockey réunissant athlètes coréennes du Nord et du Sud, ce qui est une "première" qui intervient dans le contexte tendu que l'on a connu depuis plusieurs mois. Cette démarche revêt donc une portée symbolique forte. D'autant que les deux pays sont encore officiellement en guerre, puisque c'est un armistice qui a mis fin au conflit entre le Nord et le Sud en 1953 et non un traité de paix.
Une présence loin d'être anecdotique
Autre "première": la participation du Saint-Siège, en tant qu'observateur, à la session du Comité International Olympique (CIO), qui s'est tenue du 5 au 7 février. La nouvelle n’a pas fait grand bruit, c’est pourtant bien inédit. La délégation vaticane est emmenée par Mgr Melchor Sanchez de Toca y Alameda, sous-secrétaire du Conseil pontifical de la Culture, et délégué au sport. Ce prélat espagnol, lui-même coureur de marathon, est membre et promoteur de l’Athletica Vaticana. Constituée en septembre 2017, l’Athletica Vaticana est une équipe composée d’employés laïcs et religieux du Vatican, hommes et femmes, âgés de 20 à 60 ans. Ils courent sous les couleurs du pape, le jaune et le blanc, pour vivre le sport sans raccourcis, y compris dans sa dimension spirituelle… mais aussi pour promouvoir des initiatives concrètes de solidarité. Si les « athlètes du Vatican » ne participeront pas aux épreuves, la présence d’une délégation vaticane en Corée du sud est loin d’être anecdotique. A Rio de Janeiro, en 2016, le Vatican avait assisté en qualité d’invité à la cérémonie d’ouverture des JO. Cette fois, le Comité international olympique a adressé une invitation officielle au Saint-Siège.
Elle est d'autant plus symbolique que cette année, l’ouverture des Jeux d’hiver se passe près de la frontière qui sépare les deux Corée, et qui constitue la frontière la plus militarisée du monde. Et on sait combien le pape François plaide pour un apaisement des tensions provoquées par les tirs de missiles nord-coréens ces derniers mois.
Mgr Sanchez de Toca a remis au président du CIO, Thomas Bach, et aux athlètes coréens, les maillots de l’Athletica Vaticana.
J.J.D.
