Le sanctuaire marial de Medjugorje, où la Vierge Marie apparaîtrait depuis juin 1981, attire 2,5 millions de personnes chaque année. Mais le Saint-Siège n'a jamais reconnu officiellement ces apparitions.
Parmi les six voyants, certains disent voir encore la Vierge Marie à intervalles réguliers, quotidiennement, tous les mois ou une fois par an. Si les différents évêques locaux n’ont eux aussi pas reconnu le caractère surnaturel de ces événements, selon Mgr Henryk Hoser, archevêque émérite de Varsovie-Praga (Pologne) et ancien envoyé spécial du pape François pour la pastorale de Medjugorje, en Bosnie-Herzégovine, le culte dans ce sanctuaire pourrait être bientôt “autorisé“. C'est que le prélat a déclaré dans une interview exclusive accordée au site Aleteia ce 7 décembre 2017.
"Il n’y aurait plus de problèmes", a encore affirmé le prélat, pour les diocèses et autres institutions qui veulent organiser des pèlerinages officiels. Le pape François, a-t-il encore confié, aurait récemment demandé à un cardinal albanais de donner sa bénédiction aux fidèles présents à Medjugorje.
Mgr Henryk Hoser a indiqué que les conclusions de la Commission pour l’analyse des apparitions de Medjugorje - que Benoît XVI avait confiée au cardinal Camillo Ruini - seraient favorables. "La décision finale devra être prise par le pape. Le dossier se trouve maintenant à la Secrétairerie d’Etat. Je crois que la décision finale serait prise dès à présent", a conclu Mgr Hoser.
Perplexité du pape François
Ces informations sont à prendre au conditionnel. En février dernier, le pontife avait nommé Mgr Henryk Hoser envoyé spécial à Medjugorje pour étudier la question de la pastorale sur place. Il n’était cependant pas chargé de se prononcer sur la question des apparitions. Son rapport a été remis au souverain pontife en juin dernier. Notons que ce 8 décembre, le pape François a accepté la renonciation de Mgr Hoser, ayant atteint 75 ans, l’âge canonique de la retraite. Mgr Romuald Kaminski a été nommé à sa place à la tête du diocèse de Varsovie-Praga. De plus, dans l'avion qui le ramenait de son voyage à Fatima, en mai dernier, le souverain pontife avait laissé transparaître sa perplexité sur les apparitions mariales, évoquant une "Madone, chef de bureau télégraphique"!
Selon le père Salvatore Maria Perrella, responsable de la faculté pontificale de théologie Marianum à Rome et membre de la commission internationale que le pape Benoît XVI a créée en 2010 pour enquêter sur Medjugorje, François a expliqué que la commission à coupé l’affaire en deux phases. Une première phase concerne les sept premières apparitions, le noyau fondateur, qui a effectivement semblé crédible. "La deuxième phase, c’est-à-dire celle qui concerne la suite des apparitions qui continueraient aujourd’hui, a laissé la commission perplexe", a encore indiqué le père Perrella.
J.J.D. (avec Aleteia)

