Chrétiens en Transition


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Chrétiens en Transition
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
5 min

En réponse à l'appel du pape François dans son encyclique Laudato si', un groupe de chrétiens liégeois a décidé de créer une plateforme pour diffuser et faire connaître la transition de manière pratique.

"Nous sommes un groupe de chrétiens concernés par la Transition dans l’esprit de Laudato Si’ : Jean-Yves Buron, Christophe Cornet et Paul Rixen (Vivre Ensemble) ; Christine Servais (prof d’EPC à Seraing) Marie-Hélène Stevens (prof de math à Visé); Anne-Marie Delvenne (AP à Sainte-Marie) et moi-même." nous explique Dominique Servais. "Nous venons de différents horizons mais avons le désir de vivre le changement auquel le pape François nous appelle".

L'évêque de Liège, Mgr Delville, sensible à toute la problématique de l’écologie intégrale, a répondu positivement à la demande du groupe d'inscrire le diocèse de Liège dans le mouvement de la Transition. L'esprit n'est pas de faire de la « Transition catholique » mais bien de s'inscrire en tant que chrétiens, catholiques dans le mouvement de la transition. Pour ce faire, il faut des outils et le site internet des Chrétiens en Transition doit être vu comme un puits pour nourrir les jardins du diocèse, motiver les communautés à se rassembler et réfléchir ensemble sur comment entrer en transition.

Conçu comme une boite à outils, le site (et la page FB déjà active) fournira par exemple des idées d’animations pour les mouvements de jeunesse, pour les enseignants, mais aussi pour les communautés religieuses et paroissiales qui souhaitent redynamiser leurs lieux de vie. Le site s'adresse également aux familles qui voudraient initier le changement dans leur propre foyer.

Pour nous rappeler que la Terre ne nous appartient pas et que nous devons la respecter, et en réponse à une demande de l’Eglise Orthodoxe, le pape François a institué le 1er septembre la « Journée mondiale de prière pour la Création ». Pour le groupe porteur du projet Chrétiens en Transition, Diocèse de Liège en Transition, cette journée verra le lancement officiel du site internet et de l’invitation à tous les chrétiens à rejoindre le mouvement.

Chercher des solutions

"Cette fois-ci, il ne faut pas louper le train. " C'est ainsi que débute notre conversation avec Dominique Servais, membre fondateur des Chrétiens en Transition. "Nous voulons être des promoteurs de la transition et proposer des pistes pratiques pour entrer en transition". Dominique Servais définit pour nous le concept de transition: "c'est prendre conscience que nous sommes partie prenante de la vie sur Terre, que nous sommes responsables du bien comme du mal. C'est regarder de manière positive les dégâts que nous avons causés et chercher des solutions pour y remédier."

Les Chrétiens en Transition veulent avant tout être des facilitateurs d'où l'évidence d'une plateforme, relais des initiatives et actions qui s'inscrivent dans le mouvement de la transition. "Nous voulons aussi sensibiliser les directeurs d'écoles et les Fabriques d'église. Nous voulons surtout faire comprendre que choisir d'entrer en transition, c'est rendre tout le monde gagnant."

Chrétiens en Transition, c'est donc proposer des solutions pratiques pour que les citoyens et les communautés s'en emparent et les mettent concrètement en oeuvre dans leur vie. "Par exemple, pourquoi ne pas créer un repair café dans un local paroissial? Pourquoi ne pas installer des panneaux solaires lors de la rénovation d'une toiture de presbytère?" nous suggère Dominique Servais. "Notre but est de mettre en avant toutes les solutions existantes vers une transition, aider les chrétiens et leurs communautés à appliquer concrètement Laudato si' au quotidien. Une façon pour nous d'apporter notre pierre à une société plus juste."

 

Un peu plus au nord

Faisant le lien entre écologie, spiritualité chrétienne et doctrine sociale de l'Eglise, la plateforme Ecokerk répond à une demande des évêques de Belgique formulée en 2005. Ceux-ci confient au réseau Rechtvaardigheid & Vrede (englobant neuf associations de solidarité de sensibilité chrétienne) la mission d'élaborer une vision chrétienne autour de l'écologie et de la spiritualité et, parallèlement, de chercher des voies pour réaliser cette vision de manière pratique.

Ecokerk est actif sur trois terrains: l'écospiritualité c'est-à-dire faire la promotion d'un style de vie écologique en s'inspirant de la Bible et des sources chrétiennes, l'écopratique, à savoir proposer des pistes concrètes aux mouvements, groupes, paroisses, institutions, et enfin une participation au débat de société et à l'action politique.

Tout ceci se traduit en diverses actions comme traduire l'encyclique Laudato si' en conseils pratiques à mettre en oeuvre dans notre société ou bien se tenir informé des initiatives prises dans d'autres églises en Europe (dans une perspective œcuménique).

Un peu plus au sud

Le 16 septembre prochain à Paris, aura lieu la présentation officielle du « Label Église verte », lors d’une journée nationale « Église verte ».

L’initiative portée par la Conférence des Évêques de France, la Fédération Protestante de France, l’Assemblée des évêques orthodoxes de France et le Conseil d’Églises chrétiennes en France, vise la « conversion écologique » des paroisses, dans une « harmonie œcuménique ».

Ce label doit être envisagé comme un outil facilitateur qui permettra aux paroisses d’initier ou d’approfondir leur conversion écologique. Dès qu'elles entreront dans ce processus, elles recevront des conseils pour rénover un presbytère avec le moins d’énergie possible, inaugurer un potager partagé ou multiplier les références au respect de la Création dans les homélies.

Pour obtenir le label, l'église doit préalablement établir en ligne son « éco-diagnostic » en répondant à un questionnaire reprenant cinq thèmes : les célébrations et la catéchèse, les bâtiments, les terrains éventuels de la paroisse, l’engagement communautaire et global et les styles de vie des individus. Le résultat indique à quel niveau dans « la conversion écologique » se situe l'église. Depuis la mi-2017, dix paroisses pilotes en milieu rural et urbain ont déjà testé le label dans une version bêta. Les premiers retours permettront d'affiner l'outil en vue d’une application optimale dès septembre.

 

Sophie Delhalle


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