Le pape François a décollé à 9h (heure de Rome) pour l'Arménie. Ce 14e voyage du Saint-Père en dehors de l’Italie va durer jusqu'au dimanche 26 juin afin de rendre hommage à la fidélité chrétienne d’une nation martyre, profondément ancrée dans la foi.
Au programme pour cette journée de vendredi, après la traditionnelle cérémonie de bienvenue à l'aéroport, la visite de prière à la cathédrale arménienne apostolique d'Etchmiadzin (photo), près d'Erevan. Le Saint-Père sera en compagnie du Catholicos Karekine II, patriarche de l'Eglise apostolique arménienne.Puis ce sera au tour du président de la république, Serge Sargsian, de rencontrer le Saint-Père, dans le palais présidentiel. Le pape y prononcera un discours.
Approfondir les liens
L’objectif de ce voyage est notamment d’approfondir les liens fraternels qui unissent l’Eglise catholique romaine et l’Eglise apostolique arménienne, une Eglise qui ne fait pas à proprement parler de la Communion orthodoxe, mais se rattache aux Eglises orientales dites «des trois Conciles», séparées du reste du monde chrétien depuis plus de 1.500 ans.
En Arménie, François sera accueilli comme un ami. Il ne s’est jamais rendu dans ce pays mais il a connu beaucoup d’Arméniens en Argentine, considérée comme la 10e nation de la diaspora, avec environ 130.000 descendants d’Arméniens. Le pape marchera sur les pas de Jean-Paul II, venu en 2001, qui avait offert un hôpital à la région de Gumri, ville dévastée par un séisme quelques années plus tôt.
La fraternité entre le Vatican et l’Arménie s’enracine dans l’histoire tragique de cette nation: lors du «Medz Yeghern», le «Grand mal» de 1915, des familles arméniennes avaient été accueillies à Castel Gandolfo, sous la protection du pape Benoît XV. François rencontrera certains de leurs descendants, qui gardent une grande reconnaissance pour l’action protectrice menée par l’Eglise de Rome.
L'Eglise arménienne, vecteur incontournable de l’identité arménienne
Après avoir été persécutée par les Ottomans et par les Soviétiques, l’Eglise apostolique arménienne a retrouvé sa pleine liberté d’action depuis l’indépendance de l’Arménie en 1991, au point d’être un vecteur incontournable de «l’arménité» c’est-à-dire de l’identité arménienne, au-delà des frontières mêmes du pays. Sa juridiction s’étend sur environ 10 millions de fidèles, soit plus de trois fois la population du pays, la diaspora manifestant un attachement profond à ses traditions religieuses.
P.G. (avec Radio Vatican)
