Cet appel a été lancé par l'archevêque Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies, lors d'une conférence sur le thème de la liberté religieuse et de la défense des droits de l'homme, à New York. Son discours inaugural a mis l'accent sur le respect de la dignité humaine élémentaire, et sur les souffrances concrètes des personnes subissant de terribles persécutions, en particulier au Moyen-Orient.
Le thème du discours de Mgr Auza était, plus précisément: "Défense de la liberté religieuse et des autres droit humains: Arrêter les atrocités de masse contre les chrétiens et les autres croyants". La conférence était organisée par la Mission permanente d’observation du Saint-Siège auprès des Nations unies, en lien avec les co-organisateurs CitizenGo, Maslibres et In Defense of Christians.
L'archevêque a d'abord rappelé les paroles du pape François, lorsque celui-ci s’est adressé à l’Assemblée générale des Nations unies le 25 septembre dernier 2015: "(Le pape) a renouvelé ce qu’il a appelé ses 'appels incessants concernant la douloureuse situation de tout le Moyen-Orient, du nord de l’Afrique et d’autres pays africains, où les chrétiens, avec d’autres groupes culturels ou ethniques, y compris avec les membres de la religion majoritaire qui ne veulent pas se laisser gagner par la haine et la folie, ont été forcés à être témoins de la destruction de leurs lieux de culte, de leur patrimoine culturel et religieux, de leurs maisons comme de leurs propriétés, et ont été mis devant l’alternative de fuir ou bien de payer de leur propre vie, ou encore par l’esclavage, leur adhésion au bien et à la paix' ".
Citant toujours le pape, Mgr Auza a ensuite indiqué que, face à ces réalités dramatiques, il est de la responsabilité de la communauté internationale de "faire tout ce qui est en son pouvoir pour arrêter et prévenir d'ultérieures violences systématiques contre les minorités ethniques et religieuses", et ce en vertu de "la compréhension la plus élémentaire de la dignité humaine".
L'observateur du Saint-Siège a l'ONU, en annonçant les témoignages qui devaient être entendus ensuite au cours de cette rencontre, a invité les participants, dont différents experts, à entendre "les cris des petits enfants et des citoyens âgés, des épouses et des maris, des mères et des pères, des millions d’être humains comme nous-mêmes, nos familles et nos amis, dont les vies ont été déchirées par le sadisme systématique de ceux qui s’acharnent à torturer, asservir, violer et tuer les innocents". le diplomate faisait allusion, notamment, aux violences atroces perpétrées par DAECH.
Réveiller la volonté d'arrêter ces atrocités
L'objectif principal de cette rencontre, qui s'est tenue il y a quelques jours, était "non seulement d'attirer l’attention sur les souffrances", mais aussi "réveiller ce que le pape François a appelé dans son discours aux Nations unies la volonté 'effective, pratique et constante' nécessaire pour stopper ces outrages contre la dignité et les personnes humaines". Il faut également, selon Mgr Auza, "porter devant la justice ceux qui pratiquent une violence aussi barbare, presque comme s’il s’agissait d’un sport ou d’un jeu, et nous attaquer aux causes de cette violence extrémiste à leurs racines".
Bernardito Auza a terminé son discours en insistant sur le fait que "mettre fin aux atrocités (...) nécessite l’implication de tous". "Il ne suffit pas que nous lancions un appel aux autres pour qu’ils fassent quelque chose; chacun de nous et toutes les institutions auxquelles nous appartenons, avons un rôle à jouer", a-t-il ajouté, en mentionnant la communauté internationale représentée aux Nations unies, mais aussi les responsables politiques et religieux et les organisations humanitaires.
Il a conclu en disant que le monde entier doit se réveiller devant l'ampleur de la sauvagerie qui est en jeu. "Car quand la dignité humaine est ainsi traitée avec autant de mépris qu’elle l’est maintenant dans ces vastes théâtres, le monde doit devenir un voisinage global où nous nous levons tous par solidarité et esprit de sacrifice pour défendre, aider et aimer concrètement notre prochain, parce que le mépris affiché à leur égard s’adresse autant à nous tous."
D'après zenit.org
Photo: Mgr Auza, Mission Du Saint-Siège À L'ONU À New-York. © Zenit
© Traduction de Zenit, Constance Roques
