A Calais, les mineurs isolés toujours en danger


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A Calais, les mineurs isolés toujours en danger
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le
3 min

(c) Elodie Perriot

(c) Elodie Perriot

Les associations Médecins du monde et Secours Catholique-Caritas France s’inquiètent du cas des mineurs étrangers qui pourraient être victimes de la traite, notamment en France. Les deux ONG alertent à nouveau sur le traitement des enfants dans la 'jungle' de Calais.

Médecins du Monde et le Secours Catholique - Caritas France ont une nouvelle fois recours à la justice pour mettre l'Etat en face de ces responsabilités. Dans les camps de Calais ou Grande Synthe, plusieurs centaines de mineurs isolés étrangers vivent dans une très grande précarité. Particulièrement vulnérables et exposés à de très nombreuses violences, ces jeunes ont besoin d’urgence de mesures de protection particulières.

Les deux associations françaises ont décidé d’intervenir volontairement en soutien à plusieurs référés-libertés déposés par des mineurs isolés étrangers au Tribunal administratif de Lille, afin que des mesures de protection soient appliquées et les droits de ces mineurs protégés. Il s’agit en particulier d’obtenir des pouvoirs publics qu’ils se décident à mettre en œuvre les procédures permettant à ces jeunes de rejoindre légalement le Royaume-Uni et y retrouver leurs proches.

Même si en octobre 2015, le Tribunal administratif de Lille puis le Conseil d’Etat ont reconnu la situation d’urgence dans la «Jungle» de Calais et contraint l’Etat à prendre des mesures rapides pour répondre aux besoins essentiels et vitaux des personnes présentes dans le camp, cette protection n’est toujours pas mise en œuvre deux mois plus tard.

Des enfants traités comme des adultes

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(c) Secours catholique

Pour Geneviève Colas, responsable de la Lutte contre la traite des êtres humains au Secours Catholique: "on se rend compte qu'en France, les enfants victimes de traite ne sont pas repérés ni identifiés, et encore moins accompagnés comme ils devraient l’être." Alors que l'Etat a l’obligation de scolariser, d’héberger et de soigner les mineurs isolés, le collectif d'associations Ensemble contre la traite des êtres humains dénonce l’évacuation de squats ou de bidonvilles, sans proposition de relogement et de prise en charge. Les mineurs isolés deviennent de fait des victimes, poussés à commettre des actes de délinquance.

Les associations accusent également les autorités de sous-évaluer le phénomène de la traite des mineurs étrangers en France. Deux raisons sont évoquées: d'une part, l'administration française requalifierait les jeunes étrangers sans papiers comme des adultes, sous le prétexte des tests osseux, dont la fiabilité est pourtant contestée. Par ailleurs, les mineurs sont souvent considérés comme des délinquants et non des victimes. "Ces mineurs délinquants sont, la plupart du temps, exploités par des réseaux, et donc victimes de la traite des êtres humains, précise Geneviève Colas. Il faut faire la différence entre victime et délinquant, ce que ne fait pas le gouvernement français." Le Secours catholique insiste: "La traite des êtres humains et en particulier la traite des mineurs est très mal connue du grand public. Il faut mobiliser et sensibiliser."

A.-F. de B.

Catégorie : International

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