Butgenbach : Le curé menacé pour avoir accueilli des réfugiés


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Butgenbach : Le curé menacé pour avoir accueilli des réfugiés
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
2 min

lothar_klinges_xlLe curé de l’Unité pastorale de Bütgenbach-Weywertz-Elsenborn, Lothar Klinges, s’est engagé dès le début auprès les réfugiés. Aujourd'hui, l’abbé est victime de vandalisme et de menaces.

Depuis l’accueil de plusieurs centaines de demandeurs d’asile au centre de réfugiés d’Elsenborn, la vie n’est plus pareille dans la commune de Bütgenbach. Celui qui le ressent le plus et auquel on le fait comprendre est le curé de l’Unité pastorale, Lothar Klinges. Dans une interview publié dans le Grenz-Echo, journal germanophone de la communauté germanophone, Lothar Klinges explique: "Je reçois beaucoup de remarques qui, - il faut bien le dire, - sont remplies de haine. Que ce soit via Facebook, où les commentaires sont accompagnés d’émoticônes, ou même à l’occasion de certains événements. J’entends et je lis des commentaires profondément blessants de la part d’adolescents, parmi lesquels se retrouvent quelques-uns de mes anciens acolytes."

Racisme et haine

Eglise_Bütgenbach_7Par exemple, un jeune homme écrit en faisant allusion aux réfugiés d’Elsenborn qui marchent souvent sur la route nationale, "qu’il est heureusement bien assuré contre les dégâts causés par du gibier vu les nombreux obstacles de la circulation." Un autre aurait écrit, "les réfugiés devraient s’acheter encore plus d’alcool afin de s’entre-tuer." Encore d’autres parlaient "de rebut de l’espèce humaine". Lothar Klinges affirme: "Pour moi, c’est de la haine qui s’exprime par ces paroles." L’abbé Klinges est néanmoins convaincu que ce racisme ne concerne qu’une minorité: "La majorité de la population est contre ce phénomène. Ceux qui sont contaminés par ce virus ne cherchent que des réponses faciles." Tout commençait quand Lothar Klinges souhaitait la bienvenue aux réfugiés dans le bulletin paroissial de son UP. Suite à cela, la porte d’entrée de son domicile ainsi qu’une des fenêtres ont été barbouillées d’une substance rouge. En plus, on y trouvait un message écrit en couleur rouge: "Nous ne voulons pas de prêtre qui soutient des terroristes". Peu après, des inconnus ont endommagé sa boîte aux lettres et une lanterne. Deux semaines plus tard, quelqu’un a gravé "Lothar = terroriste" sur la porte de la chapelle du sanctuaire.

L’abbé ne veut néanmoins pas se laisser décourager par ces menaces. "Je continue à exprimer clairement mon avis. Egalement lors des célébrations. Il n’est pas question que les réfugiés soient considérés comme des délinquants. Ils fuient la terreur, que nous avons pu vivre récemment tout près à Paris. Il s’agit de la même peur devant la mort. La terreur les a poussés à quitter leur pays d’origine."

Ralph Schmeder, avec Grenz-Echo

Catégorie : Belgique

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