Visite du pape en Toscane: « La sacralité de chaque être humain exige que chacun soit respecté »


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Visite du pape en Toscane: « La sacralité de chaque être humain exige que chacun soit respecté »
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Pape_françois_enfant_familleLe pape François était en visite en Toscane ce mardi 10 novembre. De Prato à Florence, le souverain pontife s'est insurgé contre l’exploitation des vies humaines et a appelé l'Eglise à avoir une foi "révolutionnaire".

A Prato, ville industrielle de Toscane où vivent quelque 20.000 Chinois, travaillant parfois près de 18 heures par jour, le pape a rappelé que le Seigneur exhorte chacun, "aujourd’hui plus que jamais, à ne pas rester enfermés dans l’indifférence mais à s’ouvrir (…), à sortir pour aller à la rencontre des hommes et femmes de notre temps." Evoquant le décès de deux travailleuses chinoises lors d’un incendie il y a deux ans à Prato, François a dénoncé la tragédie que représente l’exploitation des vies humaines. "Vivre entassés dans d’étroites structures de carton et de plâtre, dormir dans des lits superposés installés dans un coin de l’atelier de couture pour économiser, ce n’est pas ça le travail digne", s’est-il insurgé. "La sacralité de chaque être humain exige que chacun soit respecté, accueilli et pourvu d’un travail digne; la vie de chaque communauté exige qu’on combatte jusqu’au bout le fléau de la corruption et le poison de l’inégalité", a-t-il encore insisté.

Le souverain pontife a remercié les Toscans pour les efforts constants qu’ils réalisent pour intégrer les personnes. «En ces temps d’incertitude et de peur, vos initiatives pour les plus faibles et la famille sont louables.» François a encouragé les fidèles, et en particulier les jeunes, à ne pas se lasser de combattre pour la justice et pour la vérité, mais aussi à ne pas se laisser aller au pessimisme.

L’Eglise doit rester ouverte au dialogue

A Florence, François s'est adressé aux évêques et aux fidèles venus l’écouter en grand nombre dans la cathédrale Santa Maria del Fiore, dans le cadre du 5e Congrès ecclésial italien. En introduction, le pape a accueilli le témoignage de fidèles qui sont entrés dans la foi par des chemins détournés. Dans son intervention sur le thème "le nouvel humanisme dans le Christ Jésus", le pape a adressé un message aux catholiques italiens, les invitant à avoir un comportement humble, désintéressé et inspiré par les Béatitudes, sans sous-estimer les difficultés et les tentations auxquelles les hommes sont confrontés. Il a aussi rappelé à l’Eglise de rester ouverte au dialogue. "Où que vous soyez, ne construisez pas de murs, ni de frontières, mais des places et des hôpitaux."

"Notre devoir est de travailler pour faire de ce monde un meilleur endroit, et lutter. Notre foi est révolutionnaire pour une impulsion qui vient de l'Esprit Saint. Nous devons suivre cette impulsion pour sortir de nous-mêmes, pour être des hommes selon l'Evangile de Jésus. Toute vie se décide sur la capacité à se donner. C'est là qu'elle se dépasse, qu'elle arrive à être féconde", a poursuivi le Souverain Pontife. François a terminé son discours en donnant une indication à l’Eglise du chemin à suivre: "dans chaque communauté, paroisse et institution, de tous les diocèses et circonscriptions, essayer d’entreprendre, de façon synodale, un approfondissement de l’exhortation apostolique Evangelii gaudium, pour en tirer des critères pratiques et en actualiser les faits." Le pape a ensuite rencontré des personnes malades, à la chapelle de l'Annunziata. Il a récité la prière de l'Angélus avec eux et les a salués individuellement, avant de se rendre à pied à la Table de Saint François, place de l'Annunziata, pour un déjeuner partagé avec des pauvres.

Enfin, en conclusion de sa visite pastorale en Toscane, François a présidé la messe au stade Artemio-Franchi, stade de l'équipe de football de la Fiorentina, où plus de 50.000 personnes avaient pris place. La messe a été célébrée en présence de nombreux évêques et personnalités comme l'épouse du président du Conseil italien Matteo Renzi, venue avec ses enfants pour représenter son mari, absent pour raison d'agenda surchargé. Lors de son homélie, le Souverain Pontife a exhorté les fidèles à "rester en contact avec ce que vivent les gens, leurs joies et leurs peines, à l'image de Jésus."

J.J.D. (avec Radio Vatican)

 


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