Ce lundi 5 octobre, les travaux du synode ont débuté. Après une matinée d'introduction, en présence du pape François, les premiers discours des pères synodaux ont été entendus. Parmi ceux-ci, l'intervention de Mgr Johan Bonny, représentant des évêques de Belgique à l'assemblée synodale.
Ce lundi matin s'est donc tenue la première séance plénière de la 14e assemblée générale ordinaire du synode des évêques, en présence de la presse internationale.
Après un temps de prière, le cardinal Baldisseri, secrétaire général du synode, a rappelé la méthodologie de cette assemblée, et le pape François a lui aussi rappelé quelques règles, pour enraciner ces trois semaines dans une dynamique réellement spirituelle, dans un esprit de communion et non pas d’affrontements stériles.
"Je voudrais rappeler que le Synode n’est pas un congrès, un parloir, ni un parlement ou un sénat", a dit le pape François. "Le Synode est en fait une expression ecclésiale, c’est-à-dire l’Eglise qui chemine ensemble pour lire la réalité avec les yeux de la foi et avec le cœur de Dieu. C’est l’Eglise qui s’interroge sur la fidélité au dépôt de la foi, qui ne représente pas un musée à garder ni à sauvegarder, mais une source vive à laquelle l’Eglise se désaltère."
Le pape François a ensuite invité les participants à faire preuve de zèle pastoral et doctrinal, de sagesse et de franchise, en ayant toujours les yeux tournés vers "le bien de l’Eglise et des familles et la loi suprême, la suprema lex", a-t-il insisté en latin, "le salut des âmes".
"Le Synode n’est pas un parlement où, pour rejoindre un consensus, on aurait recours à la négociation, au pacte ou aux compromis; l’unique méthode du Synode est celle de s’ouvrir à l’Esprit Saint avec courage apostolique, humilité évangélique et avec oraison confiante", a-t-il souligné.
Dans une pointe d’ironie, le pape François a également remercié les journalistes pour leur participation "passionnée". L’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, s’est lui exprimé en français. En tant que président-délégué du synode, il a rappelé que "ces trois semaines de travail intense seront une expérience d’Eglise importante: chercher avec conviction et humilité à faire grandir la communion. Malgré nos différences, nous ne voulons pas vivre ce temps comme une épreuve de force dont les micros et les caméras seraient les arbitres. Nous voulons le vivre comme un temps de conversion commune, dans la force de la communion."
Intervention de Mgr Bonny
L'après-midi, les premières interventions des pères synodaux ont été entendues. Parmi celles-ci, nous retenons bien sûr celle de Mgr Johan Bonny, évêque d'Anvers, et élu comme participant au synode par la Conférence des évêques de Belgique.
Dans un premier temps, Mgr Bonny a indiqué que, d'après les enquêtes sociologiques, "le mariage et la famille demeurent des valeurs très importantes dans notre culture occidentale contemporaine." Tant les chrétiens que les non chrétiens, a-t-il dit, ont le désir de développer des relations durables, d'avoir des enfants et des petits-enfants, bref, de fonder une famille. Pour Johan Bonny, ce désir constitue "un ancrage positif pour l'Eglise, lors de l’annonce de l'Evangile". En même temps, a-t-il cependant noté, citant l'instrumentum laboris du synode, "notre société doute de la ‘faisabilité’ et de la ‘durabilité’ du mariage et de la famille." Par conséquent, il est important "que l'Eglise fasse entendre un message convaincant en faveur du choix du mariage et des enfants, ainsi que du cheminement qui mène à ce choix."
Ensuite, Mgr Bonny a relevé que, "même parmi les croyants, le mariage sacramentel n’est plus de facto, l’unique modèle de mariage et de vie de famille." Les expériences de nos contemporains sont variées, et, plus qu'autrefois, ils suivent un parcours personnel. Malgré les risques et les contraintes qu'elle représente, cette évolution, pour l'évêque, offre aussi des possibilités et des opportunités. Il est donc important que l'Eglise puisse "saisir les éléments positifs ou constructifs de cette évolution (...) pour apprécier les ‘semences du Verbe’ qui habitent ces vécus, pour reconnaître les étapes de croissance des personnes qui se construisent jour après jour", a-t-il dit en citant encore le document préparatoire au synode. L'objectif de cette reconnaissance: "révéler et promouvoir la ‘divine pédagogie de la grâce’ dans le cheminement que Dieu effectue avec les personnes, (...) saluer en la ‘symphonie des différences’ une ‘praeparatio evangelica’", et ce afin "d'arrêter les exclusions".
Enfin, Johan Bonny a insisté sur le rôle et la responsabilité des évêques dans les réponses pastorales à apporter aux besoins et aux questions auxquels ils sont confrontés, dans leurs diocèses respectifs. "Dans le monde entier", a-t-il rappelé, "des croyants et leurs pasteurs ont saisi l’opportunité du synode et du questionnaire pour soumettre leurs demandes urgentes au pape et aux évêques. Ces questions diffèrent selon les pays et les continents." Malgré leur diversité, toutes ces questions ont cependant un dénominateur commun pour Mgr Bonny: le désir que l'Eglise se place dans 'le grand courant de la miséricorde'."
Pour lui, il est donc est important que "le synode reconnaisse aux évêques locaux l’espace d’action et la responsabilité nécessaires à formuler dans la portion du peuple de Dieu qui leur est confiée, des réponses adéquates aux questions pastorales." En appelant ainsi à une responsabilité pastorale accrue des conférences épiscopales, et donc des pasteurs des églises locales, Johan Bonny souhaite promouvoir le principe catholique de l'unité dans la diversité.
C.H.
