Selon le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, interrogé dans les colonnes du "Figaro", la foi de Jean-Paul II a été "encore renforcée" avec la chute du communisme.
Jean-Paul II “a vu l’écroulement du régime communiste que l’on croyait indestructible“ et “sa foi en a été encore renforcée“, soutient le cardinal Amato. "Pour lui, c’était l’action de la Providence sur l’histoire." "Avant d’être pape", a rappelé le prélat, "il a vécu sous un régime communiste où tout était sous contrôle… Puis, comme pape, il était lui aussi ‘sous contrôle’ si l’on peut dire car il n’avait plus une minute personnelle à lui. Nous n’avons donc eu aucun problème de recherche, nous avions là beaucoup d’archives disponibles." Aux yeux du cardinal italien, Jean-Paul II a "pratiqué les vertus de foi, de charité et d’espérance avec héroïcité", et son enseignement "a couvert tous les points sensibles et possibles de la doctrine catholique".
À chaque zone d’ombre, une réponse claire
Interrogé sur la réunion interreligieuse d’Assise (Italie) d’octobre 1986 – controversée dans les milieux traditionalistes –, le cardinal Amato a confié que Jean-Paul II était un "homme d’expansion". Selon le prélat, le pape polonais "ne s’attachait pas aux limites et allait à l’essentiel". "Homme de paix, il voulait la diffusion de la paix pour unir tous les peuples."
À propos de la double vie du fondateur des Légionnaires du Christ, le cardinal Amato a soutenu que la cause de béatification concernait le pape et "non ses collaborateurs". Il a ensuite tenu à préciser que la Congrégation pour la doctrine de la foi qui gérait le dossier du père Marcial Maciel Degollado (1920-2008) avait certifié à la Congrégation pour les causes de saints que "Jean-Paul II n’était pas du tout informé de cela". Et d’ajouter : "Dès 2001, Jean-Paul II avait établi des mesures strictes pour que les prêtres pédophiles soient suspendus." Selon le cardinal Amato, le pape "était très attentif et très sévère sur le sujet".
Répondant aussi à une question concernant la Polonaise Wanda Poltawska, une amie d’enfance de Jean-Paul II ayant publié en 2009 de nombreux échanges épistolaires avec le pape, il a assuré que "leur correspondance relevait de lettres entre un directeur spirituel et sa fille spirituelle". Le prélat a en outre soutenu que toutes les questions qui pouvaient laisser une zone d’ombre avaient trouvé une réponse claire.
Santo sicuro et non subito
Revenant également sur le sens du slogan "Santo subito" (Saint tout de suite), lancé lors des obsèques du pape polonais, le cardinal Amato a expliqué que ce n’était pas le "subito", au sens de l’urgence, qui avait prévalu mais plutôt la certitude que ce cri traduisait: "Santo sicuro" (C’est sûr, il est saint!). Aux yeux du prélat, l’important est donc de donner à l’Eglise, et au monde, la certitude morale que la procédure canonique a été suivie en tout point selon les normes en vigueur. Abordant enfin le sujet de la vénération des reliques du pape polonais, le cardinal Amato a mis en garde contre les "exagérations" et le "fanatisme". (CtB/Apic/PA)

