Après la visite au Mur Occidental ce lundi matin, c’est la visite du Pape François au Mémorial de l’Holocauste, qui a retenu l’attention.
Un moment particulier, intense, dans ce lieu de la mémoire du génocide de six millions de Juifs. Une cérémonie ponctuée de gestes lents, de paroles prononcées avec lenteur, de chants de souffrance.
Le Pape, entouré du président Peres et du Premier ministre Netanyahou, a d’abord écouté très recueilli un chœur de jeunes filles pour un chant d’une tristesse inouïe. Il a ensuite allumé la flamme du souvenir, puis a écouté une responsable du Mémorial lui rappeler l’horreur du génocide, mais aussi l’espoir que l’on doit mettre dans l’avenir. De jeunes catholiques hébréophones ont alors déposé une couronne de fleurs jaunes et blanches avec le Pape qui s’est recueilli en prière.
Une lettre, d’une roumaine de 22 ans morte dans les camps, a ensuite été lue. Une lettre qui exprime toute la terreur de savoir que la mort est proche, le retour désormais impossible.
D’autres chants, comme autant de pleurs et de lamentations, ont été entonnés. Au Pape ont été présentés six survivants des camps. Quatre hommes et deux femmes. Le Pape leur a embrassé les mains et les a écoutés un par un.
Il a ensuite pris la parole, très ému, pour un discours très beau sous forme de prière. Un texte rempli d’interrogations face la "tragédie incommensurable de l’Holocauste", dont le Pape a ensuite signé le Livre d’or et a reçu la reproduction d’une peinture "Prayer" d’un garçon de 14 ans du ghetto de Lodz en Pologne qui est mort à Auschwitz, et qui avait dessiné son rêve, celui de s’envoler de cet enfer. Un ultime chant a été entonné, "Mi Ha ‘Ish" pour un dernier moment de grande émotion.
François a ensuite signé le Livre d'Or du mémorial, écrivant: "avec la honte de ce que l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, a été capable de faire; avec la honte de l'homme qui s'est fait maître du mal; avec la honte de l'homme, se croyant Dieu, qui a sacrifié à lui-même ses propres frères. Plus jamais, plus jamais!"
Et avant cette visite au Yad Vashem, le Pape s'est rendu au Mont Herzl, là où se trouve le cimetière national d’Israël, où il a déposé une couronne de fleurs sur la tombe de Théodore Herzl, le fondateur du sionisme. Une étape protocolaire là encore ajoutée assez récemment dans les visites de chefs d’Etat, et qui n’était pas au programme des visites de Jean-Paul II et Benoît XVI. A la demande du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, le Pape a également rendu hommage aux victimes israéliennes du terrorisme, en faisant une halte devant le monument qui leur est consacré.
Bernard Decottignies, envoyé spécial de Radio Vatican à Jérusalem
