A quatre jours des élections, les responsables des cours de religion ont adressé un mémorandum à l'attention des présidents de parti. Observant que la place des cours de religion dans le Pacte scolaire est remise en cause dans certains programmes politiques, ils ont tenu à réaffirmer "l'importance de l'organisation actuelle des cours philosophiques".
Depuis la constitution en 2005 du CCSCP (Conseil consultatif supérieur des cours philosophique), un travail important de réflexion et de réorganisation des cours de religion a été réalisé. Il a notamment donné lieu à la création en 2013 d'un référentiel de compétences spécifiques et de compétences communes comprenant le questionnement philosophique, le dialogue interconvictionnel et l’éducation aux fondements de la citoyenneté. Ces cours, rappellent les auteurs du mémorandum, visent à "renforcer l’esprit critique et la liberté de choix des élèves et collaborent ainsi, avec les autres cours, à en faire des citoyens responsables." Ils regrettent, par ailleurs, que les référentiels déposés aient été ignorés "volontairement ou pas" par de nombreux responsables politiques.
La religion, une affaire privée?
Dans ce mémorandum, les responsables des cours de religion expliquent craindre, à la lecture de certains programmes électoraux, que "des décisions soient prises lors de la rédaction de la Déclaration de Politique Communautaire sans tenir compte de l’avis des responsables des cours de religion ni de l’important travail de réforme accompli ces dernières années. " Ils s'opposent à toute réduction horaire des cours de religion et à l'argument défendu par certains partis politiques de réserver le fait religieux à la sphère privée: "Nous sommes opposés à l’idée que les convictions philosophiques et religieuses ne concerneraient que la vie privée. Nous restons donc convaincus qu’un état démocratique a le devoir d’inscrire, dans son programme d’enseignement, l’éducation à un regard critique et documenté sur le religieux" écrivent-t-ils.
Une commission sur l'avenir des cours philosophiques
Les signataires du mémorandum, dont Mgr Harpigny, évêque référent pour les cours de religion catholique, ont demandé que le futur gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles "inscrive dans sa déclaration de politique communautaire la création d’une commission pluraliste chargée d’envisager l’évolution et l’avenir des cours philosophiques avec une vision globale de l’ensemble des enjeux et modalités". Les présidents de partis, invités à prendre position sur cette demande, ont répondu unanimement que toute évolution future des cours de religion fera l'objet d'une concertation avec les acteurs concernés. Le PS, le MR et Ecolo ont, dans différents termes, exprimé le souhait que la réorganisation de ces cours soit mise à l'agenda de la prochaine législature.
Manu Van Lier
Consultez ci-dessous, en format PDF le mémorandum des cours de religion et la réponse des présidents de parti.
Communiqué de Presse Réactions Mémorandum21mai2014
