Il y a trois ans, un geste de désespoir déclenchait le printemps arabe


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Il  y a trois ans, un geste de désespoir déclenchait le printemps arabe
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

revolte arabeLe 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur de fruits et légumes, s'immole par le feu à Sidi Bouzid, en Tunisie. L'émoi suscité par ce geste sera le déclencheur de la révolution tunisienne qui sonnera le début du "printemps arabe".

Mohamed Bouazizi, 26 ans, n'a pas supporté l'intervention musclée et l'humiliation infligée par des policiers qui lui saisissent sa marchandise. Il met fin à ses jours devant la préfecture de Sidi Bouzid. L'affaire est rapidement montée en épingle et donne lieu à une large mobilisation de la population qui voit dans ce "dérapage policier" le symbole de la dictature du président Ben Ali, au pouvoir en Tunisie depuis vingt-trois ans. La contestation se propage à travers le pays pour atteindre la capitale, le 27 décembre. Le 14 janvier 2011, moins d'un mois après le suicide du jeune homme, le président Ben Ali fuit le pays. Le régime tunisien s'effondre. C'est le début du printemps arabe qui gagne ensuite l'Egypte, la Libye, puis la Syrie.

Quels changements?

Contrairement à d'autres pays, la Tunisie a su se préserver d'une récupération du pouvoir par des partis radicaux. Même si certaines tendances salafistes sont apparues dans l'espace public, elles restent très minoritaires: "Le gouvernement actuel qui est dominé par le parti musulman conservateur Ennahda, a toujours rejeté, par exemple, l’application ou même l’inspiration, l’inscription de la charia dans la constitution, il n’en a jamais été question, les politiques ont voté aux deux tiers le fait que ce ne serait pas le cas", explique Pierre Puchot, journaliste et spécialiste de la Tunisie, à la RTBF.

Trois ans après le soulèvement, l'enthousiasme et les espoirs que cette révolution avait fait naître dans la population semblent toutefois s'être essoufflés. Les célébrations du 17 décembre n’ont pas rassemblé la foule dans la capitale et du côté du gouvernement, le président et le premier ministre se sont contentés d’une cérémonie d’hommage discrète au palais présidentiel. "Nous avons le droit d’être fiers de ce que nous avons réalisé", a déclaré le président Moncef Marzouki dans un discours diffusé par son service de presse, évoquant la "liberté d’expression et d’opinion" et le fait que la Tunisie n’a pas sombré dans la violence "contrairement à d’autres pays" du Printemps arabe.

MVL / Le devoir

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