Le juge français Marc Trévidic a enfin pu se rendre en Algérie. D’après l’AFP, il se serait rendu sur place dans le cadre de son enquête sur l’assassinat des sept moines de Tibhirine en 1996.
L’arrivée sur le sol algérien du juge antiterroriste français Marc Trévidic marque une avancée dans l’enquête sur l’assassinat des religieux du monastère de Tibhirine. Selon l’AFP qui cite des sources proches du dossier, le juge a enfin pu se rendre en Algérie après de nombreuses tentatives de visites, toutes reportées ou maintes fois annulées. Un visa lui aurait finalement été délivré par les autorités algériennes.
Préparer la collaboration avec la justice algérienne
Ce voyage a pour but de préparer les futures visites qui auront lieu dans le cadre de l’enquête et d’établir une manière de travailler avec les autorités et la justice algériennes. Le juge a souligné sa volonté d’auditionner une vingtaine de témoins. Certains officiers supérieurs des services de renseignement et des islamistes repentis ou incarcérés, impliqués dans cette affaire, devraient être appelés à témoigner. Marc Trévidic est aussi revenu sur l’autopsie des têtes des moines assassinés. Il voudrait les exhumer pour permettre leur identification formelle.
Il rentre en France ce mercredi 27 novembre après un voyage préparatoire qui aura duré trois jours.
La possible bavure de l’armée algérienne
Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, les sept moines trappistes du monastère situé à une centaine de kilomètres au sud d’Alger avaient été enlevés. Seules leurs têtes avaient été retrouvées le 30 mai, sans la moindre trace des corps. Le GIA (Groupe Islamique Armé) avait alors revendiqué l’enlèvement et l’assassinat des religieux. Le juge français Trévidic, chargé de l’affaire, avait suivi la thèse islamiste jusqu’en 2009. Après le témoignage du général Buchwalter, attaché de Défense à l’ambassade de France, le juge avait réorienté l’enquête vers une possible bavure de l’armée algérienne.
S.T. (Le Soir/LeParisien/AFP)
Photo monastere-thibirine.org

