En cette belle journée du 20 novembre, nous célébrons mondialement les droits de l’enfant. Il y a 24 ans, le 20 novembre 1989, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) a été signée et ratifiée par 193 Etats à travers le globe. La Convention a pour objectif de protéger les droits des enfants en fixant des normes en matière de soins de santé, d’éducation et de services juridiques, civils et sociaux.
Vingt-quatre années après l’adoption de la CIDE, d’énormes progrès ont été réalisé dans le domaine des droits relatifs aux enfants mais il reste beaucoup à faire. Dans l’actualité de ces derniers temps, on déplore un grand nombre d’enfants abandonnés à la suite notamment du désastreux typhon Haiyen. Alors que l’école est obligatoire en Belgique, tous les enfants ne bénéficient pas du même droit à l’éduction dans le monde. En Belgique, 424.000 enfants vivent sous le seuil de la pauvreté. En France, un enfant sur quatre ne vivrait pas avec ses deux parents.
Petit tour d’horizon des problématiques qui touchent à l’enfance.
Enfants pauvres, une réalité belge
Selon le dernier rapport de l’IWEPS, l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique, 25% des enfants wallons de 0 à 16 ans vivent dans la pauvreté, mais c’est la région bruxellois qui fait figure de mauvais élève au niveau européen avec un taux de 40% !
Pris dans un engrenage, ces enfants pauvres éprouvent des difficultés liées à l’intégration et à la réussite scolaire. La pauvreté des familles a des conséquences directes sur toute une série de droits des enfants: droit aux loisirs, droit à un environnement sain (notamment l’accès à des espaces verts), droit à une éducation basée sur l’égalité des chances, droit à la santé... D’après l’IWEPS, ces statistiques traduisent un sentiment terrible de honte et d’une exclusion de plus en plus grande.
A l’approche des élections de 2014, les partis politiques ont fait de la jeunesse le principal pilier de leur campagne. Les chiffres, interpellant, demandent pourtant une action immédiate et axée sur le long terme. Une action soudée qui devrait être opérée sans clivage politique.
Des classes surchargées
Autre problématique qui touche l’enfant pauvre: l’accès à l’enseignement. Sans action énergique de nos gouvernants, les enfants qui ont le plus besoin d’entrer en école maternelle seront nombreux à être soit retenus chez eux, dans des conditions de logement souvent précaires, soit confinés dans des classes surchargées. En primaire également, l’augmentation des élèves par classe ne cesse d’augmenter.
La Fédération Wallonie-Bruxelles se doit donc de décider sans tergiversation, et donner priorité absolue dans ses budgets à la création des places nécessaires à Bruxelles.
La CSC appelle d’ailleurs à un sursaut ! Elle veut un accord qui engage tous les partis politiques francophones et néerlandophones au-delà d’une législature pour garantir un droit à un enseignement de qualité pour tous les enfants bruxellois, au même titre que tous les enfants wallons. La Belgique est devenue un pays d’immigration, au travers notamment du pôle d’attraction qu’exerce Bruxelles. Il est grand temps d’envisager cette réalité comme une chance, plutôt que de s’enfermer dans le déni, qui est avant tout social.
Droits des enfants en situation de handicap
En collaboration avec le Conseil de l’Europe, la Belgique organise ces 21 et 22 novembre 2013 à Bruxelles, la Conférence sur le thème de la "Pleine inclusion des enfants et des jeunes en situation de handicap dans la société". La question de la place des droits des enfants en situation de handicap dans les politiques belge et européenne sera notamment abordée.
Aide aux enfants en difficulté
En Fédération Wallonie Bruxelles, 1% des jeunes de moins de 18 ans étaient placés en institution en 2011. Un tiers d’entre eux vivaient en famille d’accueil et deux-tiers étaient placés en institution des services de l’aide à la jeunesse ou dans des lieux d’hébergement pour enfants porteurs de handicap, dans des hôpitaux ou des services d’aide à la petite enfance.
Zero>18 aide enfants et ados à prendre conscience de leurs droits
La Convention Internationale des Droits de l’Enfant, concerne tous les jeunes, de 0 à 18 ans, quels que soient leur milieu ou leur origine. Cela représente 20% de la population en Wallonie et à Bruxelles, soit un million d’individus. Aujourd’hui, près de trois jeunes sur quatre disent connaître l’existence de la Convention internationale des Droits de l’Enfant, mais 65% d’entre eux ignorent son contenu. Des chiffres qui démontrent l’importance d’organiser un Festival pour mieux informer les jeunes de leurs droits.
Cette année, le Festival Zéro>18 s’est déroulé les 16 et 17 novembre derniers avec comme maîtres-mots accessibilité, conscientisation et participation. Sous un angle ludique, des thématiques essentielles ont été abordées : non-discrimination, droit à l’éducation, à la santé, à un niveau de vie suffisant, au repos, aux loisirs, à la liberté d’expression mais aussi une attention particulière à accorder aux enfants migrants ou placés ou encore porteurs de handicap.
Du 17 au 20 novembre, pour marquer le coup symboliquement et sensibiliser le public aux droits fondamentaux des enfants, notre Manneken-Pis national portera la tenue de Félicien, le lutin magicien mascotte de la Fédération Wallonie-Bruxelles et défenseur des Droits de l’Enfant.
S.T.

