Malgré le vote récent de la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux personnes de même sexe, la mobilisation des participants de la "Manif pour tous" reste de mise en vue du grand rassemblement du 26 mai prochain. Mais quelle suite à donner à ce vaste mouvement ? Certains suggèrent de mettre en place des "Assises de l’écologie humaine".
Rassemblements dans la rue, opération "camping pour tous" en divers lieux publics, opérations "réveil-matin" devant le domicile des ministres, pressions sur les élus, réseau de "veilleurs" allumant des bougies et se ralayant durant toute la nuit… le mouvement "manif pour tous" connaît de nombreuses déclinaisons, inventives, parfois spontannées et toujours pacifiques prouvant que la mobilisation des centaines de milliers d’opposants à la loi sur le ‘mariage’ homosexuel, reste forte. La prochaine manifestation à Paris du 26 mai prochain sera un bon baromètre à cet égard. Du côté des ces opposants, il ne fait aucun doute qu'elle sera un grand succès. La question se pose alors: que faire ensuite de cette "lame de fond citoyenne" ?
C'est cette question que pose justement le journaliste Patrice de Plunkett, dans l'éditorial de L’Osservatore Romano du 7 mai. "Comme il n’est plus possible de continuer en gardant les mêmes mots d’ordre, comment faire durer ce vaste mouvement de la société civile?", s’interroge-t-il. Et d'expliquer que beaucoup d'organisateurs de la "manif pour tous" espèrent l’élargir en l’étendant à tous les terrains où la dignité de la vie humaine est en jeu, non seulement les problèmes civils et bioéthiques, mais aussi ceux sociaux et économiques, comme l’a souligné le président des évêques français à peine élu, Mgr Georges Pontier.
Négation des réalités de la condition humaine
Selon l’éditorialiste, les manifestants "ont eu le sentiment de n’être ni compris ni même entendus par la France officielle" et cette frustration leur a fait "prendre conscience d’une situation qu’ils ne soupçonnaient pas": la "négation des réalités de la condition humaine, autant que des réalités de l’environnement naturel" de la part d’une partie de la classe dirigeante.
"Défendre ces réalités devient donc une tâche civique urgente, à laquelle croyants et non-croyants peuvent coopérer", explique encore Patrice de Plunkett, qui appelle de ses vœux la tenue "d’Assises de l’écologie humaine", une idée lancée par l’un des promoteurs de la ‘Manif Pour Tous’, le catholique Tugdual Derville, délégué général de l’association pro-vie Alliance Vita. "Et à ces Assises, conclut-il, seront conviés tous ceux, catholiques ou non, qui partagent le même souci de l’homme et de toutes ses responsabilités".
P.G. (avec Apic)
