C’est à la Maison diocésaine de Mesvin (Mons) qu’une bonne trentaine de membres des CÉMOs (Communautés d’Eglise du Monde Ouvrier) du diocèse de Tournai se sont retrouvés le samedi 9 mars 2013 pour leur journée annuelle de rencontre/formation. Une phrase célèbre de Charles Péguy en offrait le thème : « Ce qui m’étonne dit Dieu, c’est l’espérance ». Les participants étaient identifiés par leur nom sur un badge en forme de « petite fleur espérance ». Et des primevères de toutes couleurs disposées sur la table centrale étaient annonciatrices d’un printemps tout proche.
Thierry Tilquin, théologien du Centre de Formation Cardijn (CEFOC) était chargé dans ses interventions de donner quelques balises et points de repères. Trois temps de carrefours ont rythmé la journée. C’est dire combien le partage d’expériences concrètes fut la matière principale de la réflexion. Dans un premier temps, les participants étaient invités à exprimer où l’espérance pointe dans leur vie personnelle, dans la société, dans les groupes auxquels ils participent, dans les communautés. Le deuxième temps était consacré à se confronter avec un texte de l’évangile - la parabole du fils prodigue, la rencontre de Jésus avec la Samaritaine ou l’épisode de la veuve dans le temple - en y relevant ce qui suggère l’espérance et ce en quoi ils rejoignent notre vie personnelle.
Le troisième temps proposait à chacun de réfléchir en quoi il est aujourd’hui porteur(euse) d’espérance dans son entourage et dans ses engagements, à partir de ce qu’il est et en fonction de ses moyens et ressources. Et ainsi de formuler son utopie.
Il n’est évidemment pas possible de faire écho à toute la richesse des réflexions. Voici seulement quelques traits principaux, sélectionnés sans doute de façon très subjective. Comme l’ont souligné certains philosophes, l’espérance est un principe de vie, une force créatrice qui conduit à un monde meilleur. L’espérance est liée à l’action. C’est dans l’action que germe la dimension de sens dans la ligne de l’espérance. Au 6e siècle avant Jésus-Christ, Héraclite d’Ephèse disait déjà : « Si tu n’espères pas, tu ne rencontreras jamais l’inespéré ».
Vatican II a rappelé que Jésus avait annoncé le Royaume de Dieu et qu’il s’est battu pour que les humains aient la vie en plénitude. Vatican II a aussi remis en lumière la Trinité et a insisté sur la place de l’Esprit. L’Esprit de Jésus est toujours à l’œuvre aujourd’hui : il s’agit de se laisser inspirer par lui. Vatican II nous a invités à lire l’Ecriture. La lire ensemble nous aide à renouer des relations humaines et nous donne souffle.
De nombreuses situations concrètes ont été partagées dans les carrefours. Tous les combats petits et grands pour changer le monde renforcent notre espérance. Les récits évangéliques lus ensemble nous ont stimulés, nous ont pu exprimer nos utopies d’un monde juste et d’une Eglise évangélique, utopie dont nous décelons des signes, utopie qui est comme l’horizon vers lequel nos actions de solidarité nous font avancer.
Cette journée préparée par Georgette, Stany et Marie-Françoise fut animée par Robert et Marie-Françoise. Le repas (spaghetti, sauce bolognaise, vin à volonté sans oublier l’apéro) renforça notre convivialité. La journée se termina par une célébration très prenante de ce qui avait été vécu : ainsi furent partagés des petits textes rédigés par les participants et un geste symbolique né de l’expérience vécue. Je laisse la parole à Stany : « Chacun de nous porte sa fleur au cœur. Cette fleur sur le cœur symbolise nos joies, nos soucis, notre espérance. Seuls, nous sentons souvent notre impuissance. Ensemble, avec Jésus, nous sommes forts. Alors, je vous le propose : unissons l'espérance de nos fleurs et formons tous ensemble, un grand bouquet d'espérance et de joie. »
Etienne Mayence
