Qui était vraiment Marie-Madeleine, dont on célèbre la fête ce 22 juillet ?


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Qui était vraiment Marie-Madeleine, dont on célèbre la fête ce 22 juillet ?
Marie-Madeleine par Giacommo Galli
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le
5 min

Ce mercredi 22 juillet, cela fait exactement dix ans que, pour la première fois, sainte Marie-Madeleine a été célébrée par une fête, et non plus par une simple "mémoire". Cette volonté du pape François traduit le rôle essentiel que Marie de Magdala a joué dans la transmission de la foi : première à reconnaître le Ressuscité, c'est elle qui annoncera la Bonne Nouvelle aux apôtres...

Le 3 juin 2016, le pape François annonce une décision anodine en apparence, mais porteuse d'un message important : désormais, sainte Marie-Madeleine sera célébrée par une fête et non plus par une simple "mémoire" dans la liturgie. Si les saintes et les saints de l'Eglise sont habituellement honorés par une mémoire, certains d'entre eux, particulièrement importants dans la vie de l'Eglise, sont vénérés par une fête, en premier lieu les apôtres - saint Pierre et saint Paul ayant même droit à une solennité, par ailleurs réservée à une mystère essentiel de la foi chrétienne.

Le message : Marie-Madeleine occupe une place toute spéciale dans la transmission de la foi car c'est elle qui, selon l'évangile de Jean, fut la première à porter l'annonce de la résurrection du Christ... aux apôtres. Ce qui lui valut d'être qualifiée d'"apôtre des apôtres" par saint Thomas d’Aquin.

La fête de Marie-Madeleine a été célébrée pour la première fois, comme telle, le 22 juillet 2016, il y a exactement dix ans.

"les Douze étaient avec lui, et aussi des femmes"

Mais qui, au fait, était Marie-Madeleine ? Au cours de l'histoire, elle a fait l'objet de nombreuses interprétations et d'hypothèses, voire de fantasmes, la plupart d'entre eux étant sans fondement. Que disent les évangiles à son sujet ? Première précision : son nom dérive de Magdala, le village de pêcheurs dont elle serait originaire, sur la rive occidentale du lac Tibériade. Luc parle d’elle en ces termes, au 8e chapitre de son évangile : "Jésus faisait route à travers villes et villages ; il proclamait et annonçait la bonne nouvelle du Règne de Dieu. Les Douze étaient avec lui, et aussi des femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies, et les aidaient avec leurs biens. Parmi elles il y avait Marie, appelée Madeleine, dont étaient sortis sept démons" (Lc 8,1-2).

Marie de Magdala n’était pas une prostituée...

Une longue tradition, persistante jusqu’aujourd’hui, a fait de Marie-Madeleine une prostituée. Simplement parce que, dans le chapitre précédent de l'évangile de Luc, on raconte l’histoire de la conversion d’une pécheresse "anonyme connue dans cette ville", qui a répandu du parfum sur les pieds de Jésus, les a baignés de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Cette femme a été identifiée à Marie-Madeleine, ce que le texte de l'Ecriture ne fait pourtant pas.

...ni l'épouse secrète du Christ

L'équivoque a été renforcée par une autre confusion : une onction avec de l’huile parfumée est également relatée dans l'évangile de Jean (12, 1-8). Elle a été accomplie par Marie, la sœur de Marthe et Lazare, après la résurrection de celui-ci. Ainsi, Marie de Magdala sera identifiée par certaines traditions populaires justement avec Marie de Béthanie, après avoir été confondue avec la prostituée de Galilée... Quant à l'hypothèse selon laquelle Marie de Magdala aurait été l'épouse secrète du Christ, absolument rien dans les évangiles ne vient corroborer, de près ou de loin, ce qui relève d'une fantasme littéraire à succès...

Jusqu'à la Croix

Marie-Madeleine apparaît encore dans les évangiles au moment de la Passion du Christ. Avec d'autres femmes, dont Marie, la mère de Jésus, Marie-Madeleine accompagne celui-ci jusqu'au Calvaire et restera jusqu'à sa mort sur la Croix. Elle est encore présente quand Joseph d’Arimathie dépose le corps de Jésus dans le tombeau, qui est fermé par une pierre. C’est elle encore qui, après le sabbat, le matin du premier jour de la semaine, retourne au sépulcre et découvre que la pierre a été enlevée... Elle court avertir Pierre et Jean qui, à leur tour, vont courir au tombeau et découvrir que le corps du Seigneur n'est plus là.

La rencontre avec le Ressuscité

Pendant que les disciples retournent à la maison, Marie Madeleine reste près du tombeau et pleure. S'ouvre alors un chemin intérieur qui, du désespoir, va l'amener à la foi. Le récit de l'évangéliste Jean (20, 11-18) est bien connu des chrétiens : se penchant vers le tombeau, elle aperçoit deux anges et leur dit ignorer où on a mis le corps du Seigneur. Se retournant, elle voit Jésus mais ne le reconnaît pas : elle pense qu'il s'agit du gardien du jardin. Une allusion à peine voilée de l'évangéliste au jardin de la Genèse, lorsque Dieu marchait parmi les humains... Avec la résurrection de Christ, c'est une nouvelle création qui se réalise. Le Christ ressuscité, c'est Dieu qui marche à nouveau parmi les humains.

La première missionnaire

"Seigneur si c’est toi qui l’as enlevé, dis-moi où tu l’as mis et j’irai le prendre", dit Marie au jardinier. Alors Jésus l’appelle par son nom, "Marie". C'est ainsi que, dans la Bible, Dieu se révèle : en appelant la personne par son nom, en exprimant son identité la plus profonde. Marie alors se retourne, ce qui implique aussi une conversion intérieure: "Rabbouni!", s'exclame-t-elle, reconnaissant son Seigneur. Puisqu'elle est la première disciple à croire, Jésus lui confie alors une mission: "ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père; mais va vers mes frères et dis-leur : 'Je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui votre Dieu'". Marie de Magdala est ainsi la toute première à annoncer l'Evangile de la Résurrection, auprès de ceux qui seront appelés à répandre la Bonne Nouvelle par toute la terre... : "J’ai vu le Seigneur! Et voilà ce qu’il m’a dit" (cf. Jn 20).

Christophe HERINCKX, d'après Vatican News

Catégorie : Sens et foi

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