Derrière les murs de la résidence d'été de Léon XIV se cache une véritable ferme. Vache Highland, mouton valaisan, chèvre tibétaine, poules de Java ou encore pur-sang arabe : les jardins pontificaux abritent une étonnante arche de Noé, au service de l'écologie et de l'insertion des plus fragiles.
Le 6 juillet, Léon XIV a pris ses quartiers à Castel Gandolfo, paisible bourg de villégiature situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Rome. Il séjournera jusqu'au 27 juillet dans le Palais apostolique, résidence d'été historique des papes.
Une période de repos, loin du centre animé de Rome, que le souverain pontife entrecoupera de récitations publiques de l'Angelus tous les dimanches depuis la place de la Liberté (située aux pieds du palais apostolique), ainsi que de temps de travail dédiés aux affaires courantes.
Pour se détendre cette année, Léon XIV aura le loisir de contempler le lac d'Albano depuis les hauteurs du Palais des papes, observer les étoiles depuis l'Observatoire du Vatican, voire même disputer une petite partie de tennis. "Très heureux de pouvoir passer les prochaines semaines à me reposer, à prier, lire un peu et, espérons-le, faire un peu de sport ici à Castel Gandolfo!" lança-t-il à son arrivée dans la ville, le 5 juillet dernier.

Une ferme au cœur des jardins du Pape
Le Pape pourra également se ressourcer au contact des animaux paissant dans les jardins pontificaux. Sous la fraîcheur des grands arbres se dresse en effet une ferme en activité, fondée sur les principes de l’écologie intégrale.
Elle fait partie intégrante du Borgo Laudato si’ : un domaine inauguré par Léon XIV en 2025 pour "promouvoir l’économie circulaire et générative, et la pérennité environnementale". Autrement dit : un véritable laboratoire écologique inspiré de l’encyclique de François publiée dix ans plus tôt.

Des animaux provenant des quatre coins du monde
Sur les 55 hectares qu'occupent les jardins pontificaux, 20 sont aujourd'hui consacrés à l'agriculture : pépinière, vignes, champs d'oliviers... ainsi qu'une véritable basse-cour !
Outre des lapins qui gambadent çà et là, le visiteur peut y croiser trois ânes, une race de poules originaire de l'île de Java, un mouton à museau noir du Valais, une imposante vache Highland, une chèvre tibétaine ou encore plusieurs chevaux offerts au Pape, dont son pur-sang arabe blanc, Proton.
À cela s'ajoute un patrimoine végétal remarquable : plus de 3.000 plantes appartenant à quelque 300 espèces différentes. L'année passée, certaines photos montraient Léon XIV occupé à nourrir les poissons d'un des bassins.

Une ferme où l'on cultive aussi les talents
Mais le Borgo Laudato si' n'est pas un simple parc animalier. Le domaine fonctionne comme une exploitation agricole où l'on produit notamment du lait, tout en expérimentant des pratiques respectueuses de l'environnement. Des vignobles cultivés en biodynamie, développés avec l'université d'Udine, côtoient une vaste serre alimentée par des panneaux photovoltaïques et un système d'irrigation conçu pour préserver les ressources en eau et limiter l'impact sur le lac d'Albano.
Le projet se veut également un lieu de formation et d'insertion. Créé par le pape François en 2023, le Centre de formation supérieure Laudato si' propose gratuitement des formations en jardinage, agriculture, restauration ou encore médiation culturelle. Elles s'adressent en priorité aux personnes les plus fragiles : migrants, réfugiés, anciens détenus, femmes victimes de violences, personnes en situation de handicap ou encore demandeurs d'emploi.
Lors de l'inauguration du Borgo en 2025, Léon XIV avait repris les mots de son prédécesseur en qualifiant ce projet de "graine d'espérance" appelée à porter "des fruits de justice et de paix".
Le journaliste de Paris Match, Arthur Herlin, propose cet été une immersion au coeur des jardins secrets du Pape. Il y rapporte que Léon XIV "aime les œufs frais de la ferme au petit-déjeuner" et "qu'il monte son cheval Proton, quand il en a le loisir".

Le Pape a déjeuné avec 200 personnes démunies dans les jardins
C’est dans cette niche de biodiversité que, ce samedi 11 juillet, le souverain pontife a déjeuné avec 200 personnes en situation de vulnérabilité, dont 35 enfants. Une action pour souligner que l'écologie chrétienne ne peut être dissociée de la charité envers les plus vulnérables.

Clément LALOYAUX
