La logique de consommation, exacerbée par la publicité, instille dans nos mentalités l'idée que nous n'avons plus à choisir. Désormais, tous ces biens matériels, tous ces plaisirs, toutes ces expériences extraordinaires sont à portée de bourse. Bref, vendeurs et marchands, tour-opérateurs et parcs d'attractions peuvent faire notre bonheur. Et si, par hasard, les fonds vous manquent, nul doute qu'un petit crédit réglera l'affaire sans encombre. Tout cela, vous en conviendrez, nous berce d'illusions. Très vite, la réalité s'impose à nous. Pour les uns, les ressources financières finissent par manquer ; pour tous, l'insatisfaction demeure.
Ce jour-là, la chance sourit à celui qui, dans un champ, trouve un trésor. La perle, quant à elle, n'est découverte qu'après une longue recherche ayant exigé labeur et patience. Quoi qu'il en soit, la joie est au rendez-vous et une décision s'impose. Ces paraboles nous rappellent que "choisir, c'est toujours renoncer". Cependant, le renoncement ne semble en rien douloureux: le trésor et la perle en valent vraiment la peine. Sans doute, les auditeurs de Jésus étaient-ils, eux aussi, profondément insatisfaits de leur condition, trouvant leur vie insipide et cherchant un surcroît de sens. Nombreux étaient ceux qui se tournaient vers ce maître de Galilée, dont la parole manifestait une autorité étonnante. Si son style fait de lui un excellent pédagogue, il ne veut pas vendre un chat dans un sac. Ce Royaume dont il annonce sans cesse la proximité, que certains ont à portée de main sans le voir et que d'autres cherchent depuis si longtemps, exige une attitude de discernement: poser des choix et accepter des renoncements.
Et Jésus d'interroger non seulement ses auditeurs d'hier, mais aussi les lecteurs de l'Évangile que nous sommes: "Avez-vous compris?" Pour répondre à cette question, le disciple d'aujourd'hui – vous et moi – dispose d'un avantage certain. En effet, la contemplation de Jésus nous montre que, pour Dieu, la perle inestimable, le trésor de grand prix, c'est l'humanité. Pour la rejoindre et la sauver, "le Christ s'est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant obéissant jusqu'à la mort, et la mort sur une croix", nous rappelle l'apôtre Paul.
Finalement, si le Royaume nous est offert sans aucun mérite de notre part, par pure grâce, il n'esquive pas notre liberté. Nous reconnaissons bien là notre Créateur et Père qui, jamais, ne nous met sur la touche. Au contraire, il nous invite à partager librement sa joie. Cependant, à l'instar du pêcheur, il nous faudra faire le tri dans notre vie, laissant de côté ce qui fait obstacle à l'amour, renonçant à ce qui nous tient loin de lui et valorisant ce qui est porteur de vie. Le Royaume est là, tout près de vous! Sachons le choisir.

