Ce 23 juin, on fête Marie d'Oignies. Cette figure spirituelle a largement rayonné à son époque. François De Vriendt, docteur en histoire, lui consacrera une conférence le 26 juin dans l'église Sainte-Marie à Oignies. Avant cela, voici quelques grandes lignes de sa biographie.
Jacques de Vitry écrivait d'elle que sa vie "dépassait la raison". Moins connue que Gertrude, Nivelloise aussi, Marie d'Oignies (ou de Nivelles) est née vers 1177 dans une famille aisée. Mariée à 14 ans à Jean, malgré son désir de vie consacrée à Dieu, elle "convertira" son époux à sa soif d'absolu. Le couple fait alors le choix de la chasteté et renonce aux richesses matérielles.
Il s’engage au service d’une léproserie située à Willambroux, dans le faubourg de Nivelles, dirigée par un prêtre, le frère de Jean. C'est dans ce lieu (où elle restera une quinzaine d’années) que la "réputation" de Marie va se bâtir. On admire sa vie façonnée par le dépouillement, la contemplation et désormais les mortifications qu'elle s'inflige. On la consulte sur des questions de vie spirituelle. On lui attribue même des guérisons miraculeuses de lépreux. Le couple n'y survivra pas: chacun mènera sa vie contemplative et apostolique de son côté.

Jacques de Vitry : confident et biographe
Vers 1207, Marie quitte alors Willambroux pour se joindre à une petite communauté de religieuses béguines, près du prieuré Saint-Nicolas d’Oignies (entre Charleroi et Namur), pour y retrouver le calme. Mais sa réputation continue à grandir.
L’universitaire parisien Jacques de Vitry, ayant entendu parler de ses expériences mystiques, vient la rencontrer en 1208. Devenu son confident, il s'établira à Oignies en 1211, en tant que chanoine. Il communique alors au public ce que Marie lui révèle dans ses entretiens spirituels. Sa Vie de Marie d’Oignies est pratiquement la seule source d'information valable sur la sainte dont les mortifications corporelles ont impressionné ses contemporains.
Ainsi, Marie va jusqu’à jeûner 40 jours, cherchant ainsi à imiter le Christ dans le désert. Elle s'inflige aussi des exercices éreintants, comme cette prière impliquant 1.100 génuflexions sur la journée. Cette quête de fusion sensorielle et spirituelle avec le Christ, est un trait partagé avec d’autres mystiques du XIIIe siècle.
Affaiblie par ses privations, Marie meurt à l’âge de 36 ans environ, le 23 juin 1213, date qui deviendra le jour de sa fête liturgique.
Figure majeure du mysticisme féminin, considérée comme l'une des femmes annonciatrices du mouvement des béguines, Marie d'Oignies n'a jamais été canonisée. Mais son culte local en a fait une sainte.
P.G.
Conférence exceptionnelle
avec François De Vriendt
Dans l'église éponyme d'Oignies, devenu espace culturel récemment restauré, l'historien François De Vriendt livrera, à l'invitation du CIPO (le Centre d'Interprétation du Proto-béguinisme d'Oignies), une conférence inédite pour (re)découvrir ce personnage qui déconcerta ses contemporains par son ascétisme radical, ses visions et son aspiration obsessionnelle à l’Au-delà.
L’exposé retracera cette destinée stupéfiante, qui se déroula principalement dans l’humble prieuré d’Oignies, dégagera les ressorts d’une telle expérience spirituelle et évoquera la postérité de cette bienheureuse. A travers Marie, il présentera le mouvement des mulieres religiosae, né dans les anciens Pays-Bas (Liège et Brabant) et annonciateur des béguines, dans lequel des femmes entendaient vivre leur foi en dehors du cloître.
Vendredi 26 juin 2026, de 18h30 à 20h
Eglise Sainte-Marie d’Oignies - Rue des écoles à Oignies 6250 Aiseau-Presles
Accessible aux PMR
Prix : 2,50 euros (paiement sur place, sans réservation)
La conférence sera suivie d’un moment convivial.
Informations: [email protected] – Facebook: CIPO Oignies

