Pourquoi on ne verra jamais le Vatican à la Coupe du monde


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Pourquoi on ne verra jamais le Vatican à la Coupe du monde
Si les portes du Mondial lui sont plus que probablement à jamais fermées, l'équipe du Saint-Siège porte des combats humanitaires et des projets caritatifs bien plus grands. © DR
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
4 min

Alors que la Coupe du monde 2026 vient de débuter, une question revient régulièrement : pourquoi le Vatican, qui possède sa propre équipe nationale, ne participe-t-il jamais à la compétition ?

La réponse est simple : parce que le Saint-Siège ne fait partie ni de la FIFA (fédération internationale de football), ni de l'UEFA (la fédération européenne).

La Cité du Vatican partage ce statut particulier avec sept autres états souverains dont l'équipe de football n'est pas reconnue officiellement, tels que Monaco, Kiribati, Tuvalu et même le Royaume-Uni (remplacé par les équipes de ses quatre nations constitutives : Angleterre, Ecosse, Irlande du Nord et Pays de Galles).

Sans affiliation à ces instances internationales, impossible de disputer les éliminatoires de la Coupe du monde ou de l'Euro. Mais même en cas d'adhésion, la perspective d'un Mondial resterait très improbable.

Une équipe nationale... d'employés du Vatican

Contrairement à une idée reçue, l'équipe du Vatican n'est pas composée uniquement de prêtres. Elle rassemble surtout des employés des musées, de la Poste, des médias du Saint-Siège, des services techniques ou encore de la Garde suisse.

Le réservoir de joueurs est donc minuscule : moins d'un millier d'habitants permanents et quelques milliers d'employés potentiellement sélectionnables. Difficile, dans ces conditions, de rivaliser avec les grandes nations du football. À titre de comparaison, Saint-Marin compte environ 34.000 habitants et peine déjà face autres sélections européennes.

Le Vatican doit en outre composer avec des contraintes uniques. Certains joueurs potentiels, notamment parmi les Gardes suisses, ne peuvent pas toujours participer librement à des déplacements internationaux en raison de leurs obligations de service.

📸 L'équipe nationale du Vatican ne disposant pas d'infrastructures sur son territoire exigu, elle joue ses matchs à domicile au Campo Pio XI (ou Stade Pie XI) situé à Rome.

Des résultats en dents de scie

Depuis sa création en 1994, la sélection vaticane dispute uniquement des matchs amicaux, souvent à caractère caritatif ou diplomatique. Les couleurs de l'équipe sont celles du Saint-Siège, le jaune et le blanc. Les rencontres se disputent généralement au stade Pie XI, à quelques centaines de mètres seulement de la basilique Saint-Pierre.

Son palmarès est aussi atypique que ses adversaires : victoire contre l'équipe olympique chinoise 4-3, succès 8-1 face au FC Schaan Azzuri, club du Liechtenstein, mais aussi malheureusement une déroute 21-4 (!) contre une sélection d'anciens joueurs du Borussia Mönchengladbach.

L'adversaire le plus régulier du Vatican reste cependant Monaco. Les deux micro-États se sont déjà affrontés à cinq reprises dans des rencontres amicales devenues une véritable tradition, avec un bilan de trois victoires monégasques et deux matchs nuls.

Le Vatican n'a jamais voulu devenir une nation du football

L'absence du Vatican à la Coupe du monde ne s'explique pas seulement par sa petite taille. Elle relève aussi d'un choix.

En 2006, lorsque l'UEFA avait laissé entendre que le Saint-Siège pouvait déposer une candidature (comme l'avaient fait en leur temps Saint-Marin, Andorre ou le Liechtenstein ndlr), le cardinal secrétaire d'État Tarcisio Bertone avait refroidi les ardeurs des amateurs de football. Selon lui, l'avenir du ballon rond au Vatican ne passait pas par les compétitions professionnelles, mais par les matchs de gala, les rencontres amicales et les tournois amateurs.

Le Vatican préfère notamment développer son propre championnat à huit équipes, représentant différents services de la Curie. Comme son nom le laisse deviner, l'équipe Musei Vaticani, premier club fondé au sein de la Cité, se compose d'employés travaillant dans les Musées du Vatican. Le FC Guardia regroupe quant à lui des membres de la garde suisse pontificale. Les footballeurs du Rappresentativa OPBG proviennent des services de soin de santé de l'hôpital pédiatrique romain Bambino Gesù, sous juridiction extra-territoriale du Saint-Siège. Archivio Segreto est formé d'employés des Archives Apostoliques.

L'équipe nationale puise ses joueurs parmi les meilleurs éléments du championnat local.

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Voici les logos des huit clubs en lice pour le titre de champion du Campionato Vaticano, le championnat local. © DR

Une Coupe du monde... des séminaristes

Enfin, puisqu'il ne peut participer au Mondial, le Vatican a créé sa propre compétition internationale.

Chaque année, la Clericus Cup rassemble à Rome des équipes composées de séminaristes et de prêtres venus du monde entier. Souvent décrite comme une "Coupe du monde des séminaristes", elle mêle esprit sportif, interculturalité et formation humaine.

Un football au service de la rencontre

Cette philosophie se retrouve également dans l'équipe féminine créée en 2019 à l'initiative du pape François. Lors de son premier match face à l'AS Rome, les joueuses vaticanes s'étaient inclinées 10-0.

Un score anecdotique aux yeux des responsables du Vatican. « Même si elles perdent 30-0, ça m'importe complètement », déclarait alors Danilo Zennaro, délégué au sport du Vatican. « Ce qui m'importe, c'est qu'elles aient l'opportunité de connaître des joueuses professionnelles, de créer des liens et des amitiés. »

Cette phrase résume sans doute mieux que n'importe quel règlement pourquoi le Vatican ne participera jamais à la Coupe du monde. Là où le football moderne cherche la performance, le Saint-Siège privilégie la rencontre, le témoignage et parfois même la diplomatie.

Pour voir un jour le Vatican affronter l'Argentine, le Brésil ou les Diables rouges dans un match officiel, il faudrait donc bien plus qu'une qualification : il faudrait quasi... un miracle !

Fratelli Tutti Football Team Vatican
Maillot de l'équipe nationale sous le pontificat de François. © Instagram Erreà Sport
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