Ce n’est pas tous les jours qu’une procession emprunte les rues de Namur. Résultat, des passants pour le moins surpris. Certains ont même pris des photos ! D’autres encore bien au fait de ce que représente une procession sont descendus de leur vélo pour se signer au passage du Saint-Sacrement. Une procession qui se déroulait dans le cadre de la fête Dieu, la fête du corps et du sang du Christ.
Préparer une procession demande d’être à la fois créatif et bricoleur. Samedi, c’est le dais - plus utilisé depuis un très long moment - qui a fait l’objet de tous les soins : les montants ont été nettoyés puis repeints (photo1). Le toit a lui été refait. Restait à poser, le dimanche, le drapé qui recouvre le tout. La Fête Dieu étant la fête du corps et du sang du Christ, ce tissu était frappé d’épis de blé et de feuilles de vigne stylisés.
Le dais ne sort plus que rarement. Son rôle est donc souvent méconnu. Si on remonte dans l’histoire, dans le monde civil, on abritait le roi sous un dais lors de ses entrées solennelles dans les villes. Dans la liturgie, le dais manifeste que le Christ présent dans l'Hostie est le véritable Roi. Avec pour but, lors d’une procession, d’isoler le sacré du profane. On pourrait encore dire qu’il crée ainsi un espace sacré… mobile. Le dais représente également la voûte céleste, le Christ marche sous le ciel, au milieu de son peuple. Le dais est encore confié à des porteurs. Remplir cette mission est généralement considéré comme un honneur.
Dimanche, de bon matin, l’équipe était, de nouveau, au travail. Il s’agissait, dans un premier temps, de terminer le dais et de l’emmener à l’église Saint-Loup (photo 2) d’où partait la procession composée de prêtres, de fidèles tous invités à chanter. Là se situait la seconde difficulté. Le chantre de la cathédrale, Grégory Decerf devait ainsi chanter et jouer du synthétiseur tout au long du parcours, les deux kilomètres de procession. Défi relevé. Grégory Decerf a tout simplement pris place dans la benne d’un SUV où le synthétiseur avait été solidement attaché ainsi que la batterie et l’ampli. Le chantre avait même l’air détendu ! (photo3) Seul moment plus délicat l’arrivée au séminaire. La pente d’accès est plutôt raide et la remontée avant de gagner la cathédrale l’est tout autant ! Finalement, c’est le vent qui jouera les perturbateurs se jouant des partitions !
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Photos : E.VDB, M.B, Y.H, Q.D et C.B.