Évêque depuis six mois du diocèse, Mgr Lejeusne prépare demain


Partager
Évêque depuis six mois du diocèse, Mgr Lejeusne prépare demain
Par Diocèse de Namur
Publié le
4 min

7 décembre 2025 – 7 juin 2026, six mois se sont écoulés depuis l’arrivée, à la tête du diocèse de Namur, de Mgr Fabien Lejeusne. Un temps principalement consacré à la découverte. Découverte du diocèse et bien sûr des diocésains à travers des rencontres. Beaucoup de rencontres. Un rythme à 100 à l’heure ou plutôt à 1000 à l’heure ! Mgr Lejeusne compte sur l’été pour souffler… un peu. Et puis ce sera déjà la rentrée avec les premiers changements : le renouvellement du Conseil épiscopal, les modifications liées à un audit actuellement en cours…

Mgr Fabien Lejeusne est installé dans son bureau, une tasse de café à portée de main. Et une première question : la fonction a-t-elle, même en aussi peu de temps, changé l’homme ? Eclat de rire de Mgr Lejeusne. « Non, je n’ai pas changé, je suis toujours quelqu’un de très enthousiaste. »

On pourrait cependant ajouter qu’il est aussi un évêque, un rien fatigué ! Son agenda déborde et c’est comme ça depuis son ordination, le 7 décembre 2025. Il est sur le « terrain » quasi 7 jours sur 7 même s’il rêverait de faire une pause le lundi. Le compteur de sa voiture, depuis la mi-janvier, affiche déjà 10.500 kms ! « Ma voiture, c’est aussi ma cabine téléphonique. Je me sers des trajets pour passer mes coups de téléphone » ajoute, pragmatique, l’évêque.

Là où certains pourraient perdre pied face à une telle abondance de rendez-vous, de tâches à accomplir, l’évêque se sent, lui, comme un poisson dans l’eau. Mgr Lejeusne le reconnaît, il aime s’impliquer, « se mêler de tout ». Ce sont ses termes. « Avoir, comme il le dit encore, les mains dans le cambouis. Je fonctionnais déjà de la même façon lorsque j’étais Provincial chez les Assomptionnistes. J’ouvre tous les placards en même temps. »

Pour avoir une vue sur tous les dossiers, il faut multiplier les rencontres sur le terrain mais aussi les tête-à-tête dans son bureau… Il reçoit les informations en vrac, plonge dans les dossiers. L’évêque prend bien quelques notes tout en préférant se fier à sa mémoire. « J’ai toujours fonctionné de la sorte. Pendant les cours, je prenais quelques notes, juste ce que je jugeais comme important. »

Me projeter pour demain

Lorsque le pape Léon XIV l’a nommé évêque, Mgr Lejeusne a reçu des informations sur l’état du diocèse. « On m’a dit que c’était un très beau diocèse. On m’a aussi décrit sa situation comme ‘pas brillante’ avec une lassitude, une fatigue généralisée des gens de terrain. Le fait qu’il ait fallu près de trois ans pour la nomination d’un nouvel évêque ne justifie pas cette paralysie. »
Après la découverte du diocèse, des diocésains, de la fonction d’évêque, du fonctionnement des institutions … une phase d’absorption a suivi. Un nouveau pas est en train d’être franchi. « Mes découvertes me permettent de me projeter pour demain. » L’évêque n’en dira pas plus, les changements seront annoncés à la rentrée.

Mgr Lejeusne confie qu’il aime lancer des idées et il en a beaucoup, 50 à la minute, selon lui. « J’en parle et on travaille en synodalité, en collégialité pour, peut-être casser cette idée mais toujours pour l’améliorer. Il faut emmener les gens avec soi. Dans les conseils, avant d’arriver à la bonne décision, il peut y avoir de la confrontation. Il peut y avoir de tout sauf de l’immobilisme. La bonne décision c’est quand chacun s’est senti partie prenante, qu’il y a eu un échange. »

« L’année à venir sera passionnante »

Après un temps de vacances qui sera lui aussi bien chargé : un passage par le Vietnam, des séjours à Lourdes, la rentrée sera déjà là. Mgr Lejeusne passera quelques jours à Rome pour une session de travail à destination des « jeunes » évêques, ceux qui viennent d’être nommés.

Et puis viendra la rentrée. « Je ne la crains pas. J’ai beaucoup d’attente. A la rentrée, il y aura dix mois que je suis en place. On peut commencer à prendre des décisions. J’ai pu constater qu’il y a une attente, une certaine fébrilité. » Il envisage ainsi de renouveler le Conseil épiscopal, de revoir la manière de travailler du Service jeunes… « Ce sera aussi le démarrage d’une année pastorale qui sera de mon exercice. » C’est encore à la rentrée qu’il présentera sa première lettre pastorale. L’évêque se veut néanmoins prudent : « il ne faut pas essayer de tout faire en même temps. »

Ces six mois lui ont permis de découvrir les marches de l’Entre-Sambre et Meuse. Il était ainsi à la Trinité à Walcourt. Mgr Lejeusne : « On y retrouve beaucoup de personnes qui ne sont pas dans les églises mais l’important n’est-il pas qu’elles soient toujours là dans ces moments de religiosité populaire. J’ai aussi été marqué par le nombre de jeunes, par leur fierté à être marcheur pour Notre-Dame de Walcourt. Par la transmission qu’il y a eu et qu’il y aura encore entre les générations. » Coup de cœur encore pour ces nombreux jeunes musiciens, des organistes talentueux qui mettent leurs compétences au service de l’Eglise et de la communauté. « J’ai été impressionné. »

Un évêque qui aime se souvenir des propos du cardinal Aveline, archevêque de Marseille : « Plus on a de responsabilités, plus il faut prier et moins de temps il faut passer dans son bureau. » Mgr Lejeusne partage plus que jamais cet avis.

Christine Bolinne

Photos : Elisabeth Deshayes

Catégorie : Diocèse de Namur

Dans la même catégorie