Commentaire de l’Evangile de Pâques par frère Christian Eeckhout, o.p. : Mais où est passé Jésus ?


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Commentaire de l’Evangile de Pâques par frère Christian Eeckhout, o.p. : Mais où est passé Jésus ?
Par Isabelle Bogaert
Publié le - Modifié le
3 min

Jérusalem bouge avant le lever du soleil, le premier jour de la semaine, ce 9 avril 30 de notre ère. Voyant le tombeau ouvert et la pierre qui le fermait, enlevée, Marie de Magdala, se met à courir: elle veut au plus vite annoncer aux disciples cette impensable disparition de leur maître et Seigneur. Du coup, deux disciples, jeunes et fougueux, Simon-Pierre et l’autre disciple – avec lequel elle était vendredi après-midi au pied de la croix – font la course entre le Cénacle au sud de la ville et le cimetière juif, situé à l’extérieur nord. Pas plus de vingt minutes à courir, sans autre obstacle d’un point à l’autre. Le tombeau laisse maintenant entrer la lumière. Même si le respect oblige à attendre dehors, la recherche de la vérité n’empêche pas de regarder avec précision à l’intérieur. Surprise: il ne reste sur la pierre nue qu’un linge qui a enveloppé le corps du crucifié déposé là l’avant-veille et le suaire qui entourait la tête meurtrie par la couronne d’épines. C’est l’expérience du mystère du mort absent! Quelque chose s’est passé. Où donc est passé le trépassé? 

Dieu est passé par là: Jésus a réussi sa pâque, son passage victorieux de la mort à la Vie! Après la stupéfaction naturelle vient la compréhension réelle: "il vit et il crut" (Jn 20,8)! Oui les disciples de Jésus passent de la nuit et des ténèbres à la lumière et à la foi, parce qu’il est manifeste que le crucifié de Palestine est passé du corps défunt enveloppé dans les linges au corps libéré de tout enfermement, parce qu’il l’avait annoncé et qu’il l’a accompli. Ils passent du silence à l’expérience, du sensible au spirituel, de la défaite apparente au salut espéré. 

Si le mal subi de la crucifixion à l’encontre de l’être innocent par excellence s’est inscrit malgré nous dans notre mémoire, la bonne nouvelle de la sortie du tombeau réalise pour tous l’alliance de Dieu avec notre humanité. Elle nous ouvre un avenir et cette joie que nul ne pourra nous ravir: Jésus est bien le Christ, Dieu des vivants! Il restaure notre dignité d’enfant bien aimé du Père. (cf. Ps 16(15), 10-11).

Commémorer est la mission de l’Eglise: c’est un ministère de l’avenir. La résurrection n’est pas un moment dans le temps; elle est une personne, Jésus de Nazareth, né de la descendance de David à Bethléem et qui a donné sa vie humaine à Jérusalem pour nous partager sa Vie divine au Ciel. Dès lors que nous vivons en sa présence, habités par son Esprit, nous sommes ressuscités avec Lui. 

Le Dimanche de Pâques est tellement grand qu’il se fête huit jours durant, pour chanter avec le psalmiste cette profonde confiance et cette force intérieure face aux épreuves: "Même si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi" (Ps 23(22),4). Oui Emmanuel, Dieu avec nous (Is 7,14; 41,10; Mt 1,2"). Jésus ressuscité est à l’œuvre encore aujourd’hui! "Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie: Alléluia!" (cf. Ps 118(117),24).

Catégorie : Sens et foi

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